05/10/2007

37) Extrait d'un carnet de voyage, TROIS.

Bl deux 028

 (L'histoire se commence par le n° 35 .)

 

Un livre de magie

 

TROIS

 

Le livre qu’elle annote semble vraiment antique et je me demande s’il est opportun d’écrire ainsi sur un si vieux livre.  Elle a tourné une page et je vois encore des signes kabbalistiques et symboliques, et j’ai la désagréable impression qu’il s’agit d’un livre de magie.  Je reconnais un serpent qui se mord la queue mais dans le serpent il y a d’autres signes pour moi indéchiffrables, et une lune et un soleil, le tout agrémenté d’étoiles. Alors je cesse de regarder le livre aux écritures sépia passées, aux rajouts verts et aux annotations rouges de la fille, car je n’y comprends rien. Ces symboles ne me sont pas étrangers et cela me désarçonne : ils me semblent similaires à ceux que je connais et pourtant avoir d’autres sens et servir à d’autres finalités.

 

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J’admire la fille.  Elle a la fraîcheur d’une fleur qui vient de s’ouvrir.  En écrivant, l’ouverture de son vêtement laissant passer le bras baille, livrant une grande part de son torse et son sein droit.  Le modelé de son sein est une véritable sculpture.  C’est un petit sein ravissant, ferme et rond, dont la pointe ressort fort, probablement à cause du frottement contre le tissu lâche causé par son mouvement d’écriture.  Parfois, quand elle tourne une page, le corps magique est caché ; alors je regarde à nouveau le visage que j’aimerais bien dessiner.  De temps en temps, elle me glisse un regard rieur mais inquiétant avant de continuer son travail.  Une pierre sculptée en ronde-bosse se détache derrière son visage. Le motif en est une sirène à double queue telle que j’en ai vu au musée.  Cette sirène-ci a toutefois une lune en plus, au dessus de sa couronne. Cette lune est couchée, ni montante ni descendante.  Et au-dessus de la lune, il y a une étoile et à nouveau je regarde celle qui écrit.  Mon regard semble avoir perdu sa propre volonté.  Elle est si belle et si fine, cette fille qui semble s’appliquer car elle lèche ses lèvres d’une rapide petite langue rose.  Elle me regarde en coin alors que tout ému j’admire son torse.  Les fossettes ornent son sourire.  Puis elle me fixe droit dans les yeux, redevenue soudain sérieuse. Et je lis un immense désir dans ses yeux devenus implorants. Elle enlève son vêtement du haut, découvrant entièrement ses épaules et ses merveilleux seins.  Son joli ventre plat se soulève et s’abaisse un peu vite, elle semble très émue aussi.  Entre ses deux seins je vois un minuscule tatouage reprenant exactement la même sirène que sur la pierre. 

 

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Troublé car une petite partie de moi se change déjà en pierre, je rassemble toute ma détermination et lui dit d’une voix décidée que maintenant il est temps que je parte.  Elle rit et me dit dans un français presque impeccable, me tutoyant gentiment : « comme tu veux ».  Puis elle soupire : « dommage… ». Elle m’enlace l’épaule, et je recule instinctivement.  « Viens je ne vais pas te manger.  Je voulais te conduire à l’endroit où tu voulais aller ».  Je me laisse faire, son contact est si doux, et elle me mène dans la cour sans remettre son vêtement.

 

 

(à suivre…)

 

 

Commentaires

tout d'abord merci pour ta visite chez moi
mais en approfondissant un peu la visite chez toi, je me dis que je suis déjà passée par ici
si si ...

Écrit par : pommefraise | 05/10/2007

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Wouaohhh ! Ca devient chaud tout ça ! je brûle d'impatience pour connaitre la suite ! j'espère qu'il y aura des câlins ! Bonne soirée à toi Eric ! Bisous

Écrit par : Mélusine | 05/10/2007

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Bon week-end à toi Eric ! Bisous

Écrit par : Mélusine | 07/10/2007

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La suite!!!!!

Écrit par : lilo | 07/10/2007

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Avec beaucoup de retard Merci Eric de ton petit mot. Sans souci pour la fleur et le lien, sachant que je ne poste plus grand chose en ce moment pour cause de temps hélas imcompressible.
Magnifique texte... tu as doublement été touché par la grâce et les muses.

Écrit par : lapetitefeeperdue | 08/10/2007

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lien Comme un fil entre nous, reliant les deux rives
Entre prose et poésie
L'encre et le pinceau formant des pas,
Posées sur l'entre deux du net

Écrit par : lapetitefeeperdue | 10/10/2007

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J'aime beaucoup l'atmosphère qui se dégage de ces morceaux de carnet de voyage. Des mots, des formes...
Bien à toi.

Écrit par : Ambroise | 01/03/2008

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