18/02/2008

65) Abrégé de mythologie crétoise et grecque (3).

65) Abrégé de mythologie crétoise et grecque (3).

 
C) ICARE L’ADOLESCENT AERIEN ET AILE.


Il y a pourtant un cas intermédiaire dont je voudrais parler: Icare.

Ce mythe a un symbolisme ambivalent : Icare est un sot ou un héros…

 

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 Ci-dessus, dessin d’Icare avant l’envol (50cm X 34,5cm) sur papier marouflé sur carton. © Eric Itschert.


J’ai évoqué ce mythe à travers le tableau de Breughel, au n° 54, F) LA SPIRALE : LE LABOUREUR DANS LA CHUTE D’ICARE. Pour relire le texte et se souvenir du mythe, cliquer sur le tableau de Breughel avant de continuer ce texte-ci.


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Ce tableau de Breughel (1) et son double se trouvent tous deux à Bruxelles, un au Musée David et Alice van Buuren et l’autre au Musée d'Art ancien (Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique).

Pour moi, la chute d'Icare est intéressante car Icare est un héros. Il traverse bel et bien le miroir du labyrinthe, mais trop brutalement.  Peut-être n'était-il pas prêt ?  Il se situe entre Thésée et Ariane, il a au moins osé sa quête de manière plus authentique, plus aérienne mais aussi plus radicale que Thésée.

 

Ci-dessous, détails du dessin d’Icare avant l’envol. Divers matériaux ont étés utilisés : crayons de couleur, graphite, mine de plomb, aquarelle, encre noire, Rötring, plumes teintées, cire à cacheter, cire d’abeilles, corde de lin © Eric Itschert. 

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Le symbole d'Icare est donc fort ambivalent. Une autre version du mythe raconte que du temps du roi Minos il n'y avait que des navires à rames, et pas de voiles donc pas de conscience de la nature du vent et du 'ntr'. C'est Dédale qui invente la voile, pour s'enfuir de l'île.  Il y a donc prise de conscience de la force du vent.


Copie de icaredessin1bl024



 

 

 

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 Mais Icare chute car il perd le contact avec la matière.  Son passage à travers le miroir de l'envers se fera donc inconsciemment.  Ariane est celle qui a atteint l'équilibre total entre l'esprit et la matière, un tel équilibre qu'elle se marie avec un 'ntr' même, s'unit à lui pour ne former plus qu'un dans une extase physique et spirituelle, et atteint l'immortalité.

 

De là mes titres : Thésée la force brute, Icare l'adolescent aérien et ailé… et Ariane ou l’Amour et la Justesse victorieuses de la mort. 

 
 
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Copie de icaredessin1bl028

Pour clore la série sur la spirale et le labyrinthe, je posterai la semaine prochaine une version moderne de l’histoire de la chute d’Icare…

 

 

(1) Breughel – désattribution : complété le 10 décembre 2011 : depuis lors les deux tableaux représentant la chute d’Icare ont étés désattribués. Ils n’auraient pas été peints par Breughel ni même par un de ses élèves. Leur qualité tellement reconnue auparavant serait soudainement devenue « médiocre ». Bizarre, vous avez dit bizarre? Je déteste ces modes où l'on attribue et désattribue des tableaux à tour de bras. Cela me donne envie d’être grossier : je n’en ai absolument rien à cirer ! Rappelons-nous ce splendide tableau « Le verrou » de Jean-Honoré Fragonard : il a été attribué à ce peintre, puis désattribué puis réattribué ! Au mieux cela sert à la gloriole éphémère d’histrions de l’art qui n'ont rien trouvé d'autre pour se faire remarquer, au pire cela sert à dévaloriser un tableau pour l’acquérir à bon prix et le revaloriser une fois acheté. Pour ma part je n’ai pas ce fétichisme idiot et absurde de notre époque pour les noms. D’ailleurs cela est en contradiction totale avec certaines autres modes de notre temps. Pour donner un exemple : le kitschissime Jeff Koons, la coqueluche des nouveaux riches, ne réalise aucune « œuvre » lui-même mais les fait exécuter par ses « collaborateurs professionnels » (lire : « ses petits esclaves»). C’est d’ailleurs tout à fait dans sa logique : il a d’abord été longtemps courtier en matières premières à Wall Street, autre « métier » où l’on fait travailler les autres pour soi. So what??? Un tableau nous parle ou pas. Peu importe le nom de celui qui l’a peint, finalement… 

21:31 Écrit par Eric dans Symbolisme | Lien permanent | Commentaires (16) | Tags : thesee, ariane, icare, labyrinthe | |

Commentaires

Bonsoir Eric Toujours fidèle à la lecture de tes magnifiques textes.
Bonne semaine et amicalement.
Duke

Écrit par : DUKE | 19/02/2008

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Que j'attends avec impatience et curiosité ! Quelle richesse, quel foisonnement de savoir et d'inspiration dans ce seul tableau, qui me fait penser à la fois aux études "mathématiques" de Léonard de Vinci et aux illustrations des vieux livres enluminés. Chef-d'oeuvre (et j'élude habilement le pluriel :-)
Mon petit appareil photo numérique est effectivement un basique, un bas de gamme disait élégamment quelqu'un de ma connaissance, il faut se poster ni trop près ni trop loin du sujet que l'on s'apprête à prendre, et ça tangue pas mal contrairement aux appareils traditionnels, mais avec peu de moyens je suis convaincue "d'attraper" de belles choses, et j'espère pouvoir vous en faire profiter. Bonne journée à toi Eric, merci pour ces pages stupéfiantes et pour ton passage chez moi. Bisou ! A bientôt.

Écrit par : thaddee | 20/02/2008

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En fait je reviens parce que j'ai oublié de dire quelque chose qui me semble important. Ce que je trouve particulièrement intéressant (et le mot est faible) sur ton blog, c'est que tu entres dans cette démarche à bien des égards périlleuse du "pourquoi du comment". Histoire, origines du tableau, regards sur ta création, pourquoi telle couleur, telle matière... et tu relies ton art aux sujets qui t'inspirent, et toutes ces pages, du coup, me semblent être une étude approfondie de chacun de tes tableaux. Tu ne donnes pas à voir des oeuvres isolées, mais des créations qui font partie d'un Tout. Cette approche me passionne, parce qu'elle montre à quel point rien n'est le fruit du hasard. Tout est lié, tout a un sens profond, tout est "nécessaire". J'essaie, moi-même, actuellement, de présenter sur mon blog la naissance de mon prochain livre. Ce serait comme un journal de bord de l'état d'esprit, des tentatives manquées, des tâtonnements, des désespérances (!) qui précèdent l'écriture d'un livre. Je parle de solitude, de discipline, de dépouillement, d'espace, de souffle... L'approche d'un livre en construction "même en l'état de construction mentale", avant même qu'un seul mot soit écrit, me paraît être aussi essentielle que le livre lui-même. Le pourquoi du comment ! Bref... A te lire ce matin, je crois qu'il est important pour moi de continuer ce que j'ai commencé, à savoir : "montrer" le processus de création d'un roman, n'en serait-il qu'au stade du questionnement. En parler, m'éclaire sur moi-même.
Bon. J'arrête là ? C'est un commentaire interminable, non ? :-) Bonne journée à toi Eric, bisou !

Écrit par : thaddee | 20/02/2008

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(Thaddée,quelle éloquence:-),je partage ton appréciation sur les explications des oeuvres,la recherche du pourquoi,du comment-J'aime cette démarche,surtout chez les autre,ayant une approche personnelle totalement différente)
Que ce soit par orgueil,ou insouciance,Icare a échoué dans l'absolu...La leçon que j'en tire,n'est pas qu'il faudrait rester à sa place,dans son role défini,bien sûr..Mais que l'homme attiré par la lumière,lorsqu'il suit ses rèves d'idéaux doit prendre la mesure qu'il peut se bruler les ailes.Qu'il n'est pas un héro,(dans le sens demi-dieu..)et que l'échec fait partie du parcours,sans jugement ,pour autant.Aujourd'hui ,notre société ne parle que de résultats,les actes beaux ,mais parfois manqués-et qui contribueront,à fire avancer les autres..-ne comptent pas vraiment.Le héro grec symbolisait l'incarnation de notre désir de clairvoyance..Avait il lui aussi une "obligation" de surmonter ses épreuves pour etre reconnu comme Héro?je ne sais plus..

Écrit par : orphea | 20/02/2008

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Les autres..désolée pour le s,je déteste les fautes-

Écrit par : orphea | 20/02/2008

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Petit mot pour Thaddée... C'est exact que c'est assez périlleux d'expliquer la genèse d'un tableau... Car une fois terminé, on sait que le tableau ne nous appartient plus. Mais certains symboles qui allaient de soi avant ne semblent plus lisibles dans notre monde soi-disant surinformé mais où tout savoir est terriblement superficiel.

Ta démarche, Chère Thaddée, est fort intéressante à plus d’un titre. Expliquer la genèse d’un travail en cours d’élaboration nous sert beaucoup : d’abord à y voir plus clair, ensuite à prendre conscience de certaines choses qu’on n’avait pas vues avant, et enfin à introduire une certaine discipline dans son travail (en sachant que les lecteurs ou spectateurs attendent la suite…).

Un très grand merci pour tes encouragements, ta fidélité et tes commentaires toujours très enrichissants !

Bisous

Écrit par : Eric | 21/02/2008

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Petit mot pour Orphea et Duke... Merci pour vos gentils petits mots qui m'encouragent toujours. Ne penses-tu pas, orphea, toutes proportions gardées, que le héros grec devait parfois avoir la même fonction dans la société que les Saints dans le Catholicisme par exemple? Ils permettaient une identification à un idéal. Significatif à ce sujet est: quel idéal nous propose-t-on à travers quels héros?
Amicalement,

Eric

Écrit par : Eric | 21/02/2008

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L'homme a toujours eu ce désir d'imiter les oiseaux ; il a observé leurs évolutions aériennes pour en découvrir le secret. Puis, il a recréé artificiellement leur vol.Icare est la figure symbolique de l'aspiration des hommes à s'élever comme les oiseaux dans les airs, à s'y déplacer sans souffrir de la pesanteur, à s'affranchir des liens terrestres... Il est aussi par là, un avertissement contre l'orgueil humain.

Les ailes expriment l'appartenance au domaine céleste, l'élévation au-dessus de la Terre.Les chérubins, qui sont dans la plus haute catégorie des anges portent six ailes. A la période romantique, les elfes étaient souvent représentés avec des ailes de papillon ou de libellule.Platon écrit dans "Phèdre" que les ailes ont la force de "soulever le corps au-dessus de la terre et de le conduire là où se tient la race des dieux".Le serpent, symbole du mal, devient symbole de spiritualisation s'il est ailé !
Hermès, le messager des dieux et le dieu des voyageurs est représenté avec des petites ailes aux talons...
Dans la Bible, elles sont le symbole de la spiritualité ; quand on voit un oiseau, il s'agit la plupart du temps de la colombe symbolisant l'Esprit Saint. Avoir des ailes, c'est pouvoir quitter le terrestre pour le céleste.
Ton tableau est une vraie merveille et met bien en valeur tous ces symboles, ce que je préfère tout particulièrement c'est la couleur encre sur les plume et le bleu, j'aime bcp ton travail c'est trés original
bisous et bonne soirée

Écrit par : domi | 21/02/2008

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sans doute, que le role des héros était défini,pour se poser en exemple..Mais le saint dans la religion catho,correspond à un modèle bcp plus rigide et empreint d'abnégation,comme si la vie n'était pas le plus important..d'ou la sanctifiction reconnue pour des comportements hors du commun,avec toujours cette notion morale assez stricte..pour les héros grecs(à l-image de leurs dieux, imparfaits) il y a un cheminement concret et onirique à la fois,et la nature humaine tend vers des idéaux,avec l'idée du dépassement de soi..mais je n'ai pas souvenir d'une idée de sacrifice ...Le héro paie ses erreurs, s'il en commet,parfois il s'en relève avec aide;parfois elles lui sont fatales..peut on encore parler de Héro ,quand il y a eu échec? aujourd'hui ,les héros ont disparu,les idéaux sont individuels comme le reflet de cette société ou l'on ne" survit"qu'avec des bases qui te structurent dès l'enfance,(ou l'opportunité de rencontres d'exception)ce n'est que mon point de vue,bien sûr...bisous

Écrit par : orphea | 22/02/2008

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Les seuls héros que l'on peut voir actuellement :sportifs(et ,avec quels critères d'idéaux? ..!!)chanteurs(show bizz,fric,etre le 1er,le plus fort..) et mais après quoi courent ces "exemples"?à ton avis, ils représentent un quelconque idéal? ...je viens de faire une chose que je déteste: une généralité..!les héros sont peut etre tout simplement dans l'environnement de tous les jours..avec des personnes qui se dépassent et et montre de la générosité dans leurs actes.Bon,j'arrète avant de te lasser ,et d'envahir tes com-

Écrit par : orphea | 22/02/2008

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Bonsoir Eric, simplement pour te dire que tes textes et tes images m' enchantent......la plume surtout.....Gros bisous et jolie fin de soirée.....

Écrit par : Goellia | 22/02/2008

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Petit mot pour orphea... Chère orphea,
J'aime beaucoup ton idée que les héros sont parfois simplement parmi nous. En y réfléchissant, pour moi, mon seul vrai ami est un héros à mes yeux... En raison de la quête intérieure qu'il a si magistralement entreprise alors qu'il est encore si jeune. Ne t'inquiète pas pour tes commentaires, ils sont toujours les bienvenus :-) J'aime qu'il y ait des échanges...
Bonne nuit, je t'embrasse amicalement,

Eric.

Écrit par : Eric | 23/02/2008

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Merci Goellia... pour tes encouragements, je t'embrasse moi aussi et te souhaite une belle nuit.
Eric.

Écrit par : Eric | 23/02/2008

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Ce mythe est l'un des plus beau que je connaisse. Le tableau de Brheugel est remarquable, ta production l'est également, c'est un plaisir de passer par ici.

Écrit par : Emaxyo | 24/02/2008

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Découverte Merci de ton passage, je découvre un artiste dont certains thèmes me sont chers aussi (Grèce et Rome) il me reste beaucoup à découvrir chez toi, je reviendrais donc...
Amitiés
un "autre" Erik

Écrit par : Erik | 03/04/2008

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18 022008 . 65 LABYRINTH
DEAR ERIC , FOLLOWING MEETING PLEASE CONTACT ME IF YOU WISH TO HEAR SOME THOUGHTS I HAVE TO SHARE, THANK YOU. B

Écrit par : Beverley central station | 22/03/2009

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