01/06/2010

158) Voyage à Florence 1

De Chirico au Palazzo Strozzi

 

 

palazzo-vecchio

 Le Palazzo Vecchio à Florence, photo copyright Eric Itschert.

 

 


benvenuto-cellini-perseus

Benvenuto Cellini : Persée, photo copyright Eric Itschert.

 

C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé de la famille qui habite en Toscane. Par la même occasion cela m'a permis de revisiter Florence.

 

 

Palazzo-Strozzi-b

Le Palazzo Strozzi, photo copyright Eric Itschert.

 

Une des premières expositions que j'ai été  voir se déroule au Palazzo StrozziCette exposition est toujours visible jusqu'au 18 juillet 2010 et je vous la recommande chaudement ! Elle est intitulée « De Chirico, Max Ernst, Magritte, Balthus, uno sguardo nell'invisibile » et traite de cette révolution qu'opère Giorgio De Chirico dans la peinture à travers une centaine d'œuvres. On peut encore y admirer Carrà, Morandi mais aussi d'autres peintres injustement oubliés malgré leur grande valeur comme Pierre Roy, Arturo Nathan et Alberto Savinio.  Ce dernier est en réalité le frère de Giorgio, Andrea. Les œuvres présentées sont de grande qualité ; c'est une occasion unique de les voir car certaines proviennent de collections privées.  J'ai pris un grand nombre de notes à l'occasion de cette exposition.

 

arturo-nathan-b
 

Note à propos de Arturo Nathan, copyright Eric Itschert.

 

 

 

 

.

 

 

Giorgio De Chirico

 

Plusieurs choses m'ont frappé à propos de Giorgio De Chirico.  Il y a moyen de voir ce peintre à travers ses ruptures.  Il y a suffisamment de publications à ce sujet, il est inutile d'en rajouter encore.  Mais on peut aussi aborder chez lui l'aspect de la continuité.  Tout d'abord le peintre est profondément impressionné par sa découverte de Böcklin en 1907.  L'œuvre de Böcklin aura un impact sur lui, comme elle en a encore sur des artistes contemporains, en particulier sur les grands de la bande dessinée.  Citons le belge Bernar Yslaire (sic) ou l'italien Manara.  Il y a aussi l'impact des « villes métaphysiques » comme Giorgio De Chirico (1) les appelle.  Il s'agit de Turin et de Florence.  Je pourrais y ajouter la plaine de Toscane en général.  Tout le monde connaît les arcades de Turin.  J'ai pu les admirer en allant au remarquable « Museo Egizio di Torino » dans le cadre de mes études sur l'antiquité égyptienne.  En visitant Turin, on a l'impression de pénétrer dans certains tableaux de Giorgio De Chirico.

 

 Turin-arcades-b

Turin-b
 
Deux photos de Turin, copyright Eric Itschert.

 

Moins connue mais tout aussi frappante est l'influence du paysage de la plaine toscane sur l'œuvre de l'artiste.  En allant dans une petite bourgade avec mon oncle pour y faire des courses tôt le matin, le hasard m'a fait entrer en quelques minutes dans un tableau de Giorgio De Chirico.  Dans la plaine, le moindre cours d'eau est accompagné de hautes digues.  En effet, l'eau des collines peut faire monter dangereusement le niveau des eaux et il faut donc protéger la plaine.  Le hasard voulut qu'un habitant d'une maison regarde par la fenêtre.  Il était en peignoir blanc et les peignoirs sont là-bas systématiquement munis de capuchons.  Un schéma vaut mieux qu'une longue description (voir ici-bas). Un monsieur montait un escalier et le tout avait un air profondément mystérieux. J'imaginais que l'escalier menant vers le pont conduisait à un autre monde ;  « Mais qu'est-ce qu'il y a derrière ce haut mur qui barre la route ? » demandai-je à mon oncle.  Il rit et dit : « la rivière, tout simplement, pourquoi ? »  Cette rue finissant en cul de sac barré par un haut mur et un escalier pour piétons me semblait des plus étranges.  Les chemins de fer sont également construits sur des digues, et autour des anciennes gares, ils sont protégés par des murs.  En Toscane j'ai eu vraiment l'impression de pénétrer le mystère des tableaux de Giorgio De Chirico...

  

 

toscane-plaine

 

 

toscane-gare

 

 

toscane-plaine-b

 Copyright Eric Itschert.

 

 

(1) L'aspect de ces paysages urbains influencera grandement certains tableaux de Giorgio De Chirico. Je cite pêle-mêle : les hautes tours avec des drapeaux flottants au sommet, les arcades au rez-de-chaussée des maisons, le style des gares et des maisons, les statues sur socles, les trains et les bateaux cachés par des murs, la lumière particulière, les volets fermés et les places vides en plein midi, l'architecture néo-classique, les cheminées d'usines...Tout comme pour l'œuvre de Magritte ou de Delvaux, j'ai une profonde admiration pour celle de Giorgio De Chirico : elle nous ensorcelle pour tout naturellement nous conduire au rêve...

 

 

Les commentaires sont fermés.