02/02/2012

202) L’enquête piétine!

Du coût des carottes et de pavés

 

Voir le début de l’histoire

 

eglise sainte catherine

La façade de l’église a été emballée par les célèbres artistes Jean-Claude &  Christa avec la devise « révéler en cachant ».

 

Nous sommes au deuxième matin après la Nuit Blanche, soit d’après l’ancien comptage le lundi 3 octobre 2011. Toute la famille prend un solide petit déjeuner à l’allemande.  Soucieux de me préserver, je réserve un seul jour de la semaine aux tâches administratives, le lundi.  J’irai donc déposer un dossier dans une commune qui vient d’achever la restauration d’un superbe espace dans un ancien bâtiment  industriel classé.  Comme le but de la restauration était de donner du boulot à l’entreprise du frère du bourgmestre, on a consacré cet espace dont on ne savait que faire à la culture.  J’aimerais y exposer, c’est un bel espace vide.  Il y a longtemps que les machines ont été délocalisées ; ce sont des petits gosses indiens qui ont repris le boulot de nos ouvriers.

 

-  Je t’accompagne, dit Iacchos.

-  D’accord.  On en profitera pour commencer l’enquête sur le dépavage des rues.  Rosanna a demandé d’acheter aussi des carottes.  Ce soir elle fait un stoemp avec du boudin noir. (1)

-  Chic alors, elle cuisine divinement bien, s’exclame Iacchos en dansant autour de moi comme un gosse.  Et il ajoute : « commençons par cela !  J’ai appris qu’on avait ouvert un nouveau marché aux légumes dans l’église Sainte-Catherine !  On vient de la désacraliser.  Et on pourra revoir l’œuvre d’Anon Yme dans la rue du Peuplier. »

 

Dans le métro, on lit le journal gratuit.  Il titre en première page « Le chômage a diminué de 95%.  Les agences de cotations Woody & Bloody sont contentes ».  Ensuite on relate comment nos dirigeants s’y sont pris : ils ont diminué la durée de chômage autorisé jusqu’à trois mois.  Ensuite les ex-chômeurs sortent des statistiques et vont à la rue.  En troisième page, il y a un article sur l’augmentation des carottes : elles coûtent le double.  Comme le prix du gaz a augmenté de 30%, cela commence à faire cher le stoemp.  On arrive sur la Place Sainte Catherine : une longue file d’attente se forme déjà : des nouveaux sans abri attendant la distribution de la soupe populaire prévue à midi en face de l’église.  Bizarrement  certains, des asiatiques, tiennent un bout de pain en main. Au centre de la place, près d’un immense bûcher, un curé pleure toutes les larmes de son corps : j’en ai le cœur déchiré.  Sa bonne tente de le consoler.  On les a fichus dehors.  Le politique s’en fiche, les Chrétiens de moins en moins nombreux n’apportent presque plus de voix.  Devant le prêtre, dans le brasier, des tableaux et du mobilier d'église brûlent à grandes flammes.  On n’a pas trouvé d’endroit où les entreposer.  Quelques sans-abri en profitent pour se réchauffer les mains.  Il fait froid ce matin.  On pénètre dans l’église.  A l’intérieur il n’y a plus aucune sculpture, plus aucun tableau, plus d’autel.  On a l’impression qu’une armée de protestants iconoclastes est passée par là.  C’est luxueux et vide.  Tout a été repeint en blanc, le choix des légumes est époustouflant, l’éclairage superbe.  La façade de l’église a été emballée par les célèbres artistes Jean-Claude &  Christa avec la devise « révéler en cachant ». Pourtant je me sens triste.  Dans mon enfance j’aimais aller à l’église.

 

carottes

 « Le choix des légumes est époustouflant »

 

-  La ville projette de désacraliser quarante églises me dit Iacchos.  Son côté païen s’en réjouit.  Vous avez fermé nos temples, tué nos prêtres, persécutés nos fidèles…

 -  C’était il y a bien longtemps, Iacchos, il me semble que depuis lors nous avons changé, non ? 

Iacchos sent à la lassitude de ma voix qu’il ne doit pas insister.  Et moi je pense à ces chrétiens qui ont encore récemment fermé les yeux sur le plus horrible génocide qu’il y ait jamais eu.

-  Heureusement qu’il s’est aussi trouvé des chrétiens pour prendre la défense des faibles me dit Iacchos qui lit dans mes pensées.

 

Aussitôt la rue du Peuplier atteinte, nous nous frottons les yeux, incrédules : il n’y a plus aucune trace de l’œuvre d’Anon Yme.  Toute la rue a été soigneusement repavée.

 

 

bruxelles,rue du peuplier

« Il n’y a plus aucune trace de l’œuvre d’Anon Yme »

 

-  Mais je n’ai pourtant pas rêvé ! Cette rue était dépavée la nuit du samedi au dimanche et encore le dimanche matin !  Or les ouvriers ne travaillent pas le week-end et on est lundi matin, non ?  J’ai même des photos !

 -  Peut-être qu’ils ont pris des sans-papiers pour le faire en échange d’un quignon de pain ?  Comme l’Etat n’a plus d’argent il pourrait devenir le premier employeur de main d’œuvre en noir… On les fait travailler la nuit, quand l’inspection dort.

 -  Comment peux-tu insinuer des choses pareilles, Iacchos ?  C’est de la diffamation !

 -  Eric, tu n’as pas remarqué tout à l’heure tous ces gens qui attendaient la soupe alors qu’il était à peine huit heures du matin ?  Parmi eux il y avait plein de Thaïs.  Et il n’y avait qu’eux qui avaient une bouchée de pain en main.  D’où cela leur vient ?

 quartier asiatique,rue sainte catherine

-  Oui, bon c’est normal, le quartier asiatique est une rue plus loin.

-  Mais enfin, tu ne trouves rien de bizarre ?  Des Thaïs, cela mange du riz, pas du pain !  Et puis cela permet d’embaucher des mineurs, si à vingt ans ils ont l’air d’en avoir seize, l’inverse est vrai aussi.  Ni vu ni connu !  Et on ne doit même pas leur payer de la soupe, elle est gratuite.

-  Alors tu te ranges à ma théorie qu’il s’agit de simples travaux de voirie réalisés la nuit par des petits Thaïs ?

-  Non mon cher Eric.  On peut tout aussi bien avoir utilisé ces travailleurs pour effacer une œuvre dérangeante.  En tout cas chapeau, on en a même camouflé en touristes pour que cela passe plus inaperçu !

 

bruxelles,quartier asiatique,rue sainte catherine

« Le quartier asiatique est une rue plus loin… »

 

walter leblanc,musees royaux des beaux arts de belgique

« … on en a même camouflé en touristes pour que cela passe plus inaperçu ! »

Walter Leblanc: essayer sa blancheur c'est l'adopter!

 

Après avoir repris le métro, on arrive à la maison communale ciblée.  On repère facilement le bureau où se trouve l’écriteau « culture – Kultuur ».

-  T’as vu, me dit Iacchos, les néerlandophones prennent la culture au sérieux : il y a un K majuscule à Kultuur.

Après consultation des heures d’ouverture on constate qu’on est en avance.  Iacchos pose son sac à dos et trois carottes indisciplinées en profitent pour s’enfuir.  Juste à ce moment surgit une jeune employée, tellement bien emmitouflée dans son manteau et écharpe qu’on ne voit que ses yeux, son nez et sa bouche.  Elle voit les carottes aventureuses débouler vers elle.

-  Oh mon Dieu !  C’est dégoûtant ! Ramassez immédiatement ces légumes obscènes sinon j’appelle la police.  Cachez-les, je ne veux plus les voir !

Elle est presque hystérique.

-  Zut alors murmure Iacchos, on est tombé sur une psy !

Je m’empresse de ramasser les légumes coupables d’exhibitionnisme.  Iacchos et moi voyons alors la jeune femme entrer dans le bureau.  Nous sommes atterrés.

-  « Entrez » dit la jeune femme d’une voix sèche. 

Le bureau semble très grand mais il y a des piles de dossiers qui l’encombrent jusqu’au plafond.  L’espace de travail en est sérieusement réduit.  Iacchos suppose qu’il n’y a plus de crédits pour acheter du mobilier de bureau depuis la faillite de la banque communale.  La femme enlève manteau et écharpe.  J’espère mieux voir son visage mais je ne vois toujours que ses yeux, son nez et sa bouche : elle est habillée selon une coutume de son pays d’origine.  Elle porte des gants.  Je me dis qu’elle ne doit pas supporter la poussière.

-  Je suis artiste et je viens déposer un dossier pour le nouveau centre culturel.

La femme s’est calmée.  Elle arbore maintenant un sourire carnassier et me regarde avec des yeux bizarres et très maquillés.

-  Montrez… voyons cela… Oh ! Cela ne va pas ! Cela ne va pas du tout !  C’est plein de nus !

Elle referme brusquement le dossier et prend un air sévère.

-   Les mentalités changent, vous savez.  Il faut respecter la pudeur des autres !  Imaginez un seul instant que j’approuve ce dossier : votre exposition causerait plein de désordres.  Des jeunes viendraient tout casser !

-  Mais enfin avant il n’y avait aucun problème ?

-  Monsieur Ich, Ichtar..

-  Itschert, Mademoiselle, c’est d’origine allemande.

- Peu importe. C’est bizarre comme nom, surement étranger !  Monsieur Ichkar, il faut tenir compte des nouveaux immigrés.  L’intégration, vous savez, cela doit se faire dans les deux sens !

-  Mais…

-  Il n’y a pas de mais, le programme de cette année est complet : le thème en est l’art abstrait.  L’année prochaine, il y aura de l’art plus avant-gardiste : on exposera Lev Pavlov, avec ses châssis de toile neufs et vides, ensuite les toiles blanches de Cy Twombly.  Puis après une série de toiles blanches de Robert Ryman, le mois suivant Elena Bajo avec ses châssis usagés, imbriqués les uns dans les autres et liés entre eux avec du scotch.  Et pour terminer le semestre John Cornu avec ses châssis brûlés…

-  Mais, l’interrompt Iacchos, toujours pratique, pourquoi exposer Cy Twombly?  Cela va faire exploser le coût des assurances ?  Il y a un peintre belge, Walter Leblanc, qui pourrait faire l’affaire avec sa toile blanche « Twisting strings MX36 » de 1975.  Et vous n’exposez qu’une toile dans du vide.  On l‘expose bien actuellement au Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

-  Ah non, sur cette toile de Leblanc dont vous parlez il y a des ficelles cousues.  Cy Twombly est bien plus minimaliste puisqu’il n’y a même pas de ficelles. Ce sont des toiles qui valent des millions, sans ficelles ! Ensuite il y aura Yves Anon qui laissera la galerie entièrement vide pendant six mois.  Il ne faut quand même pas lasser le public.  Une analyse en six volumes d’Hermann von Blinkenstein sur le vide sidéral égayera le tout. Les volumes sont reliés plein cuir de chat et numérotés.

-  En chœur Iacchos et moi : Anon Yves ?

-  Oui, Anon de son nom de famille et Yves de son prénom…

-  Vous êtes sûre qu’il ne s’appelle pas Yme Anon ?

La jeune femme consulte son dossier.

-  Non, il s’agit bien d’Yves Anon.  Mais vous savez, nous avons des dynasties d’Anons dans les musées et les académies.  C’est pire que des lapins, ils se reproduisent de père en fils… c’est dégoûtant dit la jeune femme en consultant son dossier.

-  Mais enfin le coût, pardon le coup du vide Yves Klein l’a déjà fait en 1958 dans la galerie Iris Clert dont il avait repeint les murs en blanc !  Il n’avait même plus besoin de toiles à peindre en blanc et la galerie était entièrement vide ?  Ensuite cela a été refait par un artiste belge lors d’une biennale de Venise ? Et on l'a encore fait au Centre Beaubourg à Paris en 2009 avec publication d'un livre de 500 pages? Et puis le coup de la toile brûlée Yves Klein l’a déjà fait aussi en 1961 ?

-  Monsieur Ichkar, John Cornu ne présente pas de toiles brûlées, mais des châssis brûlés, en réalité ils sont peints, voilà la grande différence !  Et cessez de m’interrompre tout le temps.

-  Quant à l’année suivante, on promotionnera la calligraphie.  Sans illustrations cela va sans dire.  Vous pourriez peut-être vous reconvertir, on ne sait jamais…  Revenez dans vingt ans.  Et reprenez vos saletés, Monsieur Ikkar, euh Icare…

-  Mon nom est Itschert, Eric Itschert.

Iacchos me tire par la manche :

-  Eric, allons-y !

-  D’accord. De toutes manières, les carottes sont cuites.  Au revoir Mademoiselle.

   

-  Elle est complètement tordue cette femme ! me dit Iacchos en sortant.

-  Oh, tu sais, on traverse l’Atlantique et là-bas beaucoup ont la même peur du corps.  Et pourtant c’est une tout autre culture.  Et regarde l’Inde, un de tes pays d’origine.

En parlant, on longe un mur où il est écrit en lettres immenses : « pleurez maintenant les résultats des causes que vous avez applaudies ».

Iacchos ajoute :

-  Elle ne se rend pas compte que si ceux qu’elle soutient arrivent au pouvoir elle ne pourrait plus ni travailler, ni étudier.  Heureusement qu’on n’a pas acheté des champignons !

-  Bon, tout cela me libère du temps, voyons les choses positivement.  Tu reprends tes cours d’archéologie à Lyon dans deux semaines.  On doit boucler l’enquête d’ici-là !

-  Pour mes recherches sur Yme Anon, ça ne va pas être du gâteau !

-  Au moins tu sais qu’Anon, c’est son nom de famille.

 

Soudain Iacchos devient tout pâle.

-  Regarde ! Les pavés quittent les rues !

 

Où ont-ils disparu, à quel mystérieux rendez-vous se sont-ils rendus ?

 

 

paves,rues,rues en paves

 

 

Lire la suite de l'histoire : Le mystère s’épaissit 

 

(1)    Le stoemp est un plat d’hiver typiquement bruxellois.  Il s’agit d’une sorte de potée de légumes (carottes ou chou vert ou choux de Bruxelles ou poireaux ou…) et pommes de terre qui est servie copieusement avec du boudin grillé. Le mot « stoemp » lui-même veut dire « purée » en bruxellois.

Eplucher 300gr de carottes et 500gr pommes de terre « Bintje ». Détailler les carottes en rondelles épaisses et couper les pommes de terre en morceaux pour faciliter la cuisson.

Couper 100gr de lard en dés. Les faire laisser rissoler 5 minutes dans une cocotte à feu vif jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.  Ajouter un oignon coupé en petits dés et laisser « fondre ».  Ajouter 1 cuillerée de saindoux, puis les pommes de terre et les carottes.  Après quelques minutes ajouter un verre d’eau. Saler et poivrer.

Laisser mijoter à feu doux et à couvert jusqu’à ce que les pommes de terres et les carottes soient vraiment très cuites, presque en purée. N’ayez pas peur de les laisser 5 minutes de trop et si nécessaire ajouter un peu d’eau en cours de cuisson pour éviter que cela attache au fond de la cocotte.

Si nécessaire, écraser les légumes à la fourchette.  Laisser fondre du beurre coupé en dés sur les légumes écrasés.

Ajouter de la crème et râper généreusement de la noix de muscade.  Bien mélanger le tout.

Servir chaud accompagné de boudin ou de tranches de lard grillées, d’une côte de porc spiering ou de saucisses de campagnes, ou enfin tout simplement sur une tartine avec de la moutarde.

 

Commentaires

Cher Éric,

Je me suis autorisé de partager votre billet sur Facebook, voilà ce que j'ai écrit :

Là, les pavés semblent me dire qu'il va y avoir une suite vantant le patrimoine et la culture héritée jusqu'au moment où Iacchos nous dévoilera son véritable rêve, celui qui lui trotte dans la tête depuis qu'il a entrepris de parcourir Bruxelles à pied avec son ami Éric, le sympathique photographe et artiste dont je vous invite à partager les pas sur son magnifique site, mais que dire du coût des carottes et des pavés, sinon qu'il est intéressant d'y goûter le style.

Avec toute ma sympathie, Jack le poétiste qui vous remercie pour la réponse sur son dernier commentaire.

Écrit par : © Jack le poétiste | 02/02/2012

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Cher Jack, merci pour ce partage sur Facebook :D
Il donnera surement envie de lire la suite! A bientôt, amicalement,

Écrit par : Eric | 02/02/2012

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Ex-tra-or-di-naire !!! Je n'ai pas arrêté de rire du début à la fin, je croyais lire un roman ! Le stoemp, ls carottes, les pavés, le blanc, le nu, le vide, la cathédrale cachée et les dépaveurs nocturnes camouflés en touristes... Monsieur Icare, vous avez bien du talent ! ;-) Continue comme ça, c'est instructif et tordant ! Bonne soirée à toi Éric, et bon dimanche au chaud (ici -15 la nuit, tu surenchères ? ) Gros bisou et à bientôt pour un nouvel épisode avec Anon Yves / Yme Anon. J'ai hâte ! :-)

Écrit par : Thaddée | 04/02/2012

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Bonjour Thaddée, et moi qui me plaignais du froid :)))
Ici on n'a atteint que -14! Je te souhaite un bon dimanche, cordialement,

Écrit par : Eric | 05/02/2012

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un grand plaisir à te lire..j'ai de nouveau traversé le miroir ..une belle année à toi Erik..Lilie

Écrit par : lilie | 10/02/2012

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Merci chère Lilie :)
Pour toi aussi une belle année!

Écrit par : Eric | 12/02/2012

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Fabuleux! Et pour qui connaît Bruxelles c'est encore plus passionnant, car on situe bien les quartiers décrits!
Je t'embrasse,

Écrit par : Tommy | 15/03/2012

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Je trouve Iacchos vraiment terriblement attachant! Je suppose que c'est un pseudo. Tu as de la chance de le connaître!

Écrit par : Grégoire | 27/03/2012

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Petit mot pour Grégoire: beaucoup de chance! Iacchos est en effet un pseudo :D Certains petits futés ont pu découvrir son vrai prénom en furetant sur mon blog. Ils ont fait le rapprochement entre une des origines, les études et les passions de Iacchos, et celles d'une personne que j'ai rencontrée lors d'un de mes voyages. Cela ne gène pas Iacchos, sinon j'aurais modifié son vrai prénom...

Écrit par : Eric | 28/03/2012

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Il y a plein d'invraisemblances concernant Cy Twombly, fleurant bon les influences du pouvoir, les montages, la cote gonflée artificiellement, la spéculation, les mouvements de capitaux, etc c’est-à-dire tout sauf de l’art. Wikipédia, l'encyclopédie qui regorge de perles nous raconte dans http://fr.wikipedia.org/wiki/Cy_Twombly
"L'affaire du baiser", qu'il fallut 18.840 euros pour restaurer une toile blanche après un simple baiser au rouge à lèvres appliquée dessus. Le rédacteur de la bafouille ne s’est pas un seul instant posé la question s’il était vraisemblable qu’une restauration coute une telle somme. Mais comme d'habitude cette information est relayée sur Wikipédia sans aucun sens critique, sans un seul instant réfléchir sur ce qu'est une peinture à l'huile et comment ça se restaure. Un autre article sur ces toiles blanches m'a fait hurler de rire: comme quelqu'un s'étonnait du prix atteint par des toiles aussi plates, un autre intervenant est venu raconter que vu à la loupe c'était très beau :))))))))) Compris: désormais munissez-vous de loupes lors de vos prochaines visites de musées !

Écrit par : Toorop | 30/03/2012

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En effet, cette propagande douteuse sur le prix de la restauration de cette toile est passée comme une lettre à la poste. C'est d'autant plus amusant que le coup a déjà été réalisé plusieurs fois, avec toujours le même message à la clé, confirmé et sanctionné par le système judiciaire, relayé par la presse culturelle et la presse à sensation: regardez combien cela va coûter pour la restauration, donc la toile vaut beaucoup d'argent! Merci pour votre passage, bonne nuit!

Écrit par : Eric | 30/03/2012

Un vrai roman policier! Bravo pour l'histoire :)

Écrit par : peter | 11/04/2012

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