15/08/2014

274) Une histoire d’ailes et d’âmes sœurs

 

...et encore des tatouages.

 

Complété le 16 septembre 2014

 

Tous les tatouages montrés sur cette note ont été rajoutés pour servir d’illustrations à mes propos. Ainsi sur l’aquarelle originale le garçon nu est représenté ailé mais non tatoué.  

 

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Aquarelle rehaussée de crayons de couleurs sur papier aquarelle non acide, © Éric Itschert / Sabam

 

1) Histoire d’ailes

 

âme sœur,aile,amitié,analyse transactionnelleUn jour, en allant voir une exposition d’artistes à Tour et Taxis, je me rends compte que je suis arrivé trop tôt. Je me dis que cela n’a aucune importance car il y a aussi une exposition d’artisans à voir dans le bâtiment central. Et là une fille qui fabrique des bijoux m’offre une aile, que je vais intégrer à un pendentif. Des fois il y a d’étranges synchronicités (1).

 

Quelques jours plus tard j’assiste à une scène étrange à la piscine. Je suis sous la douche quand je vois passer un jeune homme à la beauté solaire. Il passe très vite sous la douche, comme un courant d’air, comme une brève apparition irréelle à force d’être belle et lumineuse. J’ai à peine le temps d’observer un grand tatouage d’aile sur son épaule droite. Je reproduis ce type de tatouage sur l’aquarelle et les photos montrées dans cette note. L’aile est hiératique, noire, sans aucune autre couleur. Je continue de me laver, pour moi la natation est terminée aujourd’hui. Soudain, quelques minutes après, un second garçon passe. Il reste un peu plus longtemps à la douche. Il est superbe, différent du premier. Celui-ci est androgyne, lunaire. Il porte exactement le même tatouage que le premier, mais en miroir, sur l’épaule gauche ! Je finis par douter de la réalité du premier garçon, et j’interroge en riant le second :

« - J’ai des visions ou je viens de voir passer un autre jeune homme de votre âge avec exactement le même tatouage mais à l’épaule droite ? »

« - C’est mon meilleur ami ! On a tous les deux décidé de nous faire tatouer une aile, lui sur son épaule droite et moi sur la gauche, en gage de notre amitié. Toute notre vie on restera liés par ce signe... »

Il me raconte qu’il n’a qu’un seul véritable ami, cet autre garçon. Il en parle avec des étoiles dans les yeux. Je devine vite que c’est l’être le plus cher et le plus précieux à son cœur. Alors je lui parle de ce symbole qu’ils ont choisis, l’aile. Chaque symbole est lourd de significations, et aller jusqu’à le graver dans notre chair peut avoir bien des implications. Avec pudeur il rompt la conversation, j’admire cette réserve en lui. Je rajoute en riant :

« - Il semblait pressé de rejoindre la piscine. »

Je reçois un sourire radieux en retour :

« - Oui il doit être en train de me chercher ! J’y vais ! »

 

Je réfléchirai encore longtemps à cette scène. Cette amitié si intense n’est-elle pas une rencontre entre deux âmes sœurs (2) ? N’est-ce pas seulement avec l’âme sœur que l’on peut arriver à une intimité aussi profonde ? Ces deux jeunes hommes se sentent chacun moitié de l’autre : leur âme sœur les font se sentir totalement entier seulement une fois ensemble. Liés l’un à l’autre, possédant chacun une aile, ils peuvent enfin voler... (3)

La première rencontre entre deux âmes sœurs survient souvent d’une manière inattendue et imprévue. Elle est de suite perçue comme différente de toutes les autres rencontres. Pour certains c’est quelque-chose de merveilleux qui ne les étonne pas du tout. Secrètement ils ont attendu ce moment lié ni à l’espace ni au temps. C’est vécu comme une retrouvaille, initialisée dans une ou plusieurs autres vies. Ils savent qu’ils connaissent cette âme sœur « depuis des milliers d’années », karma après karma. Ce n’est pas une rencontre due au hasard. Citons Paul Coelho : « Les rencontres les plus importantes ont étés préparées par les âmes avant même que les corps ne se voient ». (4)

 

Mais...

Eh oui, il y a un mais...

 

2) Le lien avec l’âme sœur, fusion de dépendance ou lien d’interdépendance ?

 

autoportrait nuNotre bonheur ne dépend de personne d’autre que de nous-même, c’est ce que le Bouddhisme nous enseigne. Et le Christ dit : « aimez-vous les uns les autres comme vous-même. » Autrement dit nous ne pourrons vraiment aimer l’autre que si nous avons d’abord appris à nous aimer nous-mêmes. C’est totalement vain de rechercher désespérément l’âme sœur ! Cela voudrait dire qu’on la recherche pour combler un manque. Si on a appris à s’aimer soi-même à sa juste valeur, à se chérir, si on a appris à être autonome, alors l’âme sœur peut venir tout naturellement. Mais qu’elle vienne ou pas n’a plus d’importance, on fait confiance à sa bonne étoile. Autrement dit ne nous préoccupons pas de trouver notre âme sœur, trouvons-nous nous-même. Et si nous constatons que nous ne sommes « le plus important » pour personne, que nous ne sommes « le centre » de personne, pas de panique. Apprenons à être « le centre » de nous-même. Et quoi de plus beau alors qu’une rencontre avec un être qui s’aime également et qui est prêt et ouvert à une relation d’interdépendance ?

 

Trop souvent j’entends le désir de fusionner avec l’âme sœur. Ici encore, n’est-ce pas se lier à cette dernière pour combler un manque ? Et trop souvent je vois des jeunes croire avoir trouvé l’âme sœur tout simplement parce qu’ils sont tombés amoureux.

 

Reprenons mon symbole des ailes, très ambivalent : et si les deux garçons cités en début de note ne pouvaient plus voler qu’unis ? Ils auraient donc fusionné car ils n’ont chacun plus qu’une aile ? Ils ne seraient plus capables de voler seuls ? Or aucune relation n’est parfaite, et même des relations avec une âme sœur connaissent des hauts et des bas. Bien sur le lien sera très difficile à briser. Les âmes sœurs ont une connexion mentale parfois semblable à celle des jumeaux. Et si la vie les sépare par moments, leurs esprits resteront toujours connectés.

Mais la vie peut parfois les séparer durablement et de manière cruelle, et alors que feront ils avec seulement une aile ? Attendre qu’une deuxième aile leur repousse ? Celle justement de l’autonomie ?

Une relation trop fusionnelle n’est jamais souhaitable, avec personne ! Ainsi dans la Gestalt-thérapie on apprend qu’une relation saine se vit dans la boucle intimité-retrait-intimité : il est intenable de rester constamment dans l’état d’intimité avec l’autre. Le couple qui tente cet état de fusion permanente risque à tout moment d’exploser. Les frustrations et les rancœurs risquent de s’accumuler sans possibilité d’échappatoire.

L’état de retrait

  • permet de digérer ce qui a été vécu de positif ensemble
  • permet de digérer les frustrations durant le moment d’intimité
  • permet à la frustration de l’absence de grandir, et donc
  • permet de régénérer le désir

C’est la frustration qui crée le désir.

Bien sur ce désir de fusion est légitime, mais son accomplissement permanent n’est pas souhaitable. Nous ne sommes pas faits pour cette fusion, d’où les mythes concernant la séparation de l’homme en deux dans un paradis lointain. Nous trouvons ce mythe chez Platon, dans la Genèse dans la Bible, mais aussi en Inde avec Shiva l’Absolu qui se dédouble en homme et en femme pour le bonheur de l’Univers et de ses créatures. J’en ai parlé dans le cadre du thème de l’androgynie.

 

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Ci-dessus : Shiva se dédoublant (Uma-Mahesvara), statue en schiste noir, Inde Orientale, Xème siècle, don du gouvernement de l’Inde (1973) au Musées royaux d’Art et d’Histoire Bruxelles, E.O. 2554,photo © Eric Itschert, cliquer sur la photo pour l’agrandir. Je donnerai plus d’explications sur cette statue à une autre occasion.

 

 

âme sœur,amitié,analyse transactionnelle,fusion,dépendance,dépression,interdépendance,autonomieDans l’Analyse Transactionnelle, on distingue clairement la dépendance de l’interdépendance (voir diagramme ci-contre, cliquer dessus pour l'agrandir). Imaginons une rupture entre deux êtres qui s’aiment profondément mais de manière déséquilibrée : dans une première phase ils sont ensemble mais chacun recherche la fusion avec l’autre. Pourquoi cette fusion ? Parce qu’ils sentent l’autre comme supérieur à eux. Mal assurés sur leur propre valeur, ils sont jaloux de celui/celle qu’ils aiment le plus et ils ne comprennent pas ce sentiment négatif et absurde d’envie et de jalousie (= dépendance, ma perception de moi est négative, celle de l’autre est positive). Ensuite il y a rupture. Alors suit une période de profonde dépression où ils se sentent plus dévalorisés que jamais, et où ils ne font plus confiance aux autres (= dépression, ma perception tant de moi que de l’autre est négative). Après un travail sur eux, nécessaire pour ne pas sans cesse retomber dans le même piège attachement-rupture-attachement, ils peuvent enfin accéder à l’autonomie et au détachement. Beaucoup en restent là, ils se perçoivent enfin positivement mais l’autre semble toujours négatif ou abstrait. Ce n’est qu’au moment où ils accordent une valeur positive autant à eux qu’aux autres qu’ils peuvent enfin entrer dans ces échanges si riches d’interdépendance... La tache bleue sur le diagramme indique une position possible d'une personne. Pour finir rajoutons que ce sentiment duel de séparation entre moi et l’autre est caractéristique de notre « Réalité Transitoire ». Comme nous percevons cette "Réalité Transitoire" à travers le prisme de notre subjectivité, on parle aussi d'"illusion". Dans la « Réalité Pure », la « Conscience Universelle », cette séparation n’existe pas. Elle est liée à notre espace-temps.

 

3) Des souhaits pour terminer ma note.

 

Je souhaite une belle et longue amitié à ces jeunes gens que j’ai rencontrés. Qu’ils entrent petit à petit dans une relation d’interdépendance où chacun découvre sa propre valeur dans les yeux de l’autre. Qu’ils soient comme deux soleils et qu’il leur pousse à chacun une deuxième aile. Que leur vol se fasse avec quatre ailes au lieu de deux : ils ressembleront ainsi à des chérubins, ils en ont déjà la beauté. Chérubin vient de l’assyrien « kéroub » ou « karibu » et signifie entre autres « celui qui communique ». 

Quant à vous mes chers lecteurs je vous remercie pour votre patience devant mon exposé, et vous souhaite de tout cœur d’être libres, heureux et en bonne santé !

 

(1) Synchronicité : lire à ce sujet http://fr.wikipedia.org/wiki/Synchronicit%C3%A9 ,je me place au-delà de la conception de Jung.

(2) Certains font la différence entre âme sœur et âme jumelle : on peut avoir plusieurs âmes sœurs (rencontrées au cours de la même vie ou de vies différentes) mais une seule âme jumelle. Pour la facilité du propos j’utiliserai le terme général d’« âme sœur ».

(3) L’âme sœur ne correspond pas toujours avec le/la partenaire avec qui on a choisi de vivre. Car la rencontre avec l’âme sœur n’est pas nécessairement liée à l’activité sexuelle. Elle est pourtant le partage d’une intimité inexplicable et beaucoup plus intense !

(4) L’âme sœur peut entrer dans un de nos karmas d’une manière parfois très temporaire, juste le temps « d’un bonjour » ou d’un coup de pouce. Par amour pour nous et pour ce que nous avons vécu ensemble dans d’autres vies, elle peut nous enseigner à travers ses expériences non vécues en commun ou nous rappeler certaines choses que nous avons oubliées. Et soudain notre capacité de création et d’imaginaire se décuple, soudain nous recevons un nouvel élan dans notre vie. Ces êtres originaux et époustouflants font de nous des gens reconnaissants. Et nous garderons des poussières d’étoiles dans les yeux...

 

Complété le 16 septembre 2014:

 

4) Symbiose et fusion dans l’Analyse Transactionnelle

 

Dans l’Analyse Transactionnelle, on parle de « symbiose » et de « fusion » en distinguant plusieurs types de relations fusionnelles. Chacun de nous dispose de trois états du moi (base de l’Analyse Transactionnelle). Mais il arrive cependant que deux personnes fonctionnent comme si elles n’en faisaient plus qu’une seule. 

  • Il peut être question de « symbiose », où les personnes comptent l’une sur l’autre pour combler leur manque respectif, grâce à leurs différences. Là où l’une a un manque, l’autre a un plein, elles se complètent. Mais comme chacun n’assure que certains de ses aspects, ils risquent un appauvrissement plus grand encore de la partie d’eux qu’ils ne sollicitent plus.
  • Il peut aussi être question de « fusion » à proprement parlé. Ici ce ne sont pas les différences qui rassemblent, mais le fait d’être identiques. Chacun a du mal à se distinguer de l’autre, qui semble être bâti sur le même modèle que soi (cas typique de certains jumeaux monozygotes). Chacun n’a pas besoin de s’escrimer à comprendre comment fonctionne l’autre, puisqu’il a les mêmes envies aux mêmes moments.

 

 

analyse transactionnelle,fusion,dépendanceA gauche un schéma (cliquer dessus pour l’agrandir) montrant un exemple de « symbiose double », de « fusion » et d’interdépendance en Analyse Transactionnelle.

 


On considère que toute relation amoureuse commence le plus souvent par une relation de symbiose : quand « on tombe amoureux » on va inconsciemment commencer la relation naissante par le premier mode de lien que l’on a connu. Ce premier mode est la relation de symbiose que l’on a vécue avec sa mère. C’est un peu comme le fœtus qui traverse tous les stades de l’évolution avant de devenir un petit homme. On ne doit donc en aucun cas se reprocher ce début de relation.

 

Mais ensuite il est souhaitable de travailler à deux pour en faire une relation d’interdépendance, chacun œuvrant sur soi. Dans la relation d’interdépendance chacun est autonome. La relation d’interdépendance permet une richesse de lien insoupçonnée ! (Voir schéma à gauche).

 

La relation d’Adulte à Adulte est privilégiée. Il y a aussi des moments où chacun, avec la complicité de l’autre, se met en "état du moi" « Enfant Libre » pour des moments de fou-rire, de pur bien-être, de découvertes ou de jeux. Pour ces deux premiers modes il est important que chacun soit sur la même longueur d’onde.

 

Enfin il peut y avoir des moments où l’un des deux est affaibli, nous ne sommes pas des surhommes. Dans ce cas, toujours dans une entière complicité, celui qui est affaibli peut se mettre en état du moi « Enfant » et l’autre en état du moi « Parent ». Imaginons que l’un des deux tombe malade, l’autre se mettra en état du moi « Parent Nourricier ». Un des deux pourra se sentir tout simplement affaibli moralement, alors l’autre se mettra en état du moi « Parent Normatif ». Les règles apaisent et une bonne norme sécurise…

 

 

Pour approfondir ce sujet, lire l’excellent livre écrit par France Brécard et Laurie Hawkes aux éditions Eyrolles : « Le grand livre de l’analyse transactionnelle ». Je remercie aussi de tout cœur Fabian, psychothérapeute, pour son aide et toutes les précieuses informations qu’il m’a transmises à ce sujet. 

 

 

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Autonomie, photos © Éric Itschert / Sabam

 

 

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Commentaires

Bonjour,

L'aquarelle de l'ange est juste magnifique !
J'adore !!!
Peut-on l'acquérir ?

Écrit par : kriss | 15/08/2014

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Bonjour cher Kriss,
Merci pour ton encouragement :-)
En effet il est possible d'acquérir cette aquarelle ;-)
Je te souhaite un chouette weekend, bisous!

Écrit par : Eric-le-peintre | 15/08/2014

Une merveilleuse analyse de l'âme sœur à laquelle j'adhère totalement, quant à l'Amour fusionnelle ... je confirme il peut-être destructeur ;-) Ton aquarelle ange ailé est très belle et le fait de rajouter un tatouage me plait beaucoup mais je ne t'apprends rien bisous et bonne soirée

Écrit par : domi | 15/08/2014

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Bonjour chère domi, merci pour ton commentaire :-)

Il est intéressant de lire les commentaires en
http://itschert-eric-expose.skynetblogs.be/archive/2014/02/17/262-garcon-tatoue.html#comments
concernant les tatouages :D

Bisous, bonne soirée!

Écrit par : Eric-le-peintre | 17/08/2014

Bonjour Eric

magnifique Eric et l'histoire de ta rencontre a la piscine de ces deux beaux jeunes hommes l'est tout autant

j'ai lu avec intérêt tes explications et je leur souhaite aussi

bon WE Eric
bises*

Écrit par : nays | 16/08/2014

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Merci chère nays!
Bonne soirée!
:-*

Écrit par : Eric-le-peintre | 17/08/2014

Le complément ajouté à ton article est très intéressant, l'idée de "travailler à deux pour en faire une relation d’interdépendance, chacun œuvrant sur soi. Dans la relation d’interdépendance chacun est autonome" est vraiment ce que je pense actuellement mais pas facile à envisager dans un couple car bien souvent l'autre ne comprend pas l'envie de "liberté" ou tout simplement l'envie d'avoir du temps pour soi ... Sans confiance rien ne peut être envisageable. :-) bisous et bonne journée

Écrit par : domi | 16/09/2014

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Bonjour chère domi,

J'aime beaucoup ce que tu soulignes: "Sans confiance rien ne peut être envisageable".
C'est tout à fait exact, mais pas simple ;-)

Dans un couple chacun a sa propre histoire, et n'évolue pas nécessairement au même rythme que l’autre. C’est une première difficulté. La communication est primordiale pour garder vivants les ponts.

Vient se greffer parfois une seconde difficulté. Imaginons qu'une des deux personnes ait très difficile à rester seule. La capacité à rester seul se construit dans l'enfance. Ceux qui vivent mal la solitude ont souvent souffert de carences affectives précoces graves: le fait de se retrouver seul ravive alors la douleur de l'absence maternelle initiale (pas assez aimante ou précocement disparue physiquement ou psychiquement). Ces adultes ont alors besoin que l'amour des autres leur soit souvent rappelé pour y croire. En cas de blues, ils ne peuvent faire appel aux images intérieures bienveillantes de leurs parents, de leurs amis. Ils n’ont pas intériorisé le fait rassurant que l’on peut compter l’un pour l’autre, même séparé par des kilomètres. A ce moment-là, on ne doit pas croire que la personne ait un manque de confiance dans le conjoint, mais bien en soi-même.

Comment résoudre ces problèmes ? On dit souvent en rigolant qu’on peut faire des psychanalyses pendant des années, on comprendra pourquoi on réagit de manière inadéquate mais on restera incapable de changer ! Pour moi papa Freud est dépassé, inapproprié et archaïque tout autant que les psychanalystes paternalistes qui « médicalisent » leur « patient ».

Par contre l’Analyse Transactionnelle nous permet de changer durablement. Elle a fait des progrès considérables ces dernières années, et ce n’est pas un hasard s’il y a collaboration entre des neuroscientifiques et des psychothérapeutes. A lire si cela t’intéresse : « Le Cerveau du Bouddha » par Rick Hanson et le Dr Richard Mendius aux éditions « les arènes », j’en reparlerai peut-être plus tard.

J’en reviens à la confiance. Pour qu’un couple dure, il faut beaucoup d’amour. Il est bon d’avoir appris à s’aimer soi, et d’aimer l’autre inconditionnellement. Chacun change, et parfois dans des directions très différentes. C’est l’amour que nous avons l'un pour l’autre qui nous fait mettre en place l’entretien des ponts en plus de celui de notre propre jardin intérieur... En cas d'échec, ayons la sagesse de ne ressentir ni colère, ni ressentiment, ni mauvaise conscience, ce sont des poisons inutiles. Tirons-en simplement la leçon. Bon, ceci n'est que mon humble opinion, bien sur.

Bisous chère domi, je te souhaite paix, santé et bonheur ^^

Écrit par : Eric-le-peintre | 18/09/2014

Un autre lien utile, qui complète indirectement ce que je viens d'écrire ;-)
http://www.techniquesdemeditation.com/la-meditation-pour-mettre-fin-une-depression/
Bisous!

Écrit par : Eric-le-peintre | 18/09/2014

Bonsoir Eric,

Merci d'avoir pris le temps de m'exprimer ton humble opinion ;-) qui est pleine de bon sens et merci également pour les titres de livres que tu me proposes. Je pense qu'il y a beaucoup de causes différentes au manque de confiance en soi et surtout en son partenaire; mais, il évident que bien souvent le départ est une carences affectives importantes et/ou peut-être aussi des incidents traumatisants dans l'enfance qui peuvent être destructeurs si l'adulte ne les a pas réglés avant de se mettre en couple. On reproduit souvent des schémas familiaux que l'on connaît le mieux parce que c'est rassurant. Dans les couples actuels bien souvent c'est toujours des relations conflictuelles où il existe toujours un dominant et un dominé et c'est bien dommage, le respect de soi et de son partenaire est inexistant (je vois cette situation tous les jours dans mon métier); quant au couple qui dure ... et de l'amour inconditionnel permet-moi d'en douter maintenant - expérience oblige - mais il y a que les idiots qui ne changent pas d'avis :p et pour l'échec que je qualifierai quand même d'une "seconde chance", car il n'y a pas d'âge pour aimer à nouveau; il est bon de savoir se séparer en toute intelligence et surtout quand il y a des enfants ... Mais ce n'est pas évident pour tout le monde bisous et très bonne soirée

Écrit par : domi | 18/09/2014

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Bonjour domi,

Hier soir j'ai rajouté un autre lien car il évoque les "psychothérapies de troisième génération" en lesquelles je crois beaucoup.

Quel est ton métier si je ne suis pas indiscret? Le savoir pourrait m'aider à mieux comprendre ton expérience :-)

Mon expérience à moi se résume à mes relations avec ma propre famille, celle avec mes élèves pendant les six années où je leurs donnais cours comme maître iconographe (euh j'admets que certains me prenaient un peu comme un "gourou"), celle avec mes modèles (très belles et empreintes d'une grande confiance), mes quelques amis et mes nombreux copains. Il y a aussi de nombreux groupes dont j'ai fait partie ou que j'ai aidé à diriger, et une époque où mon métier d'architecte m'obligeait à avoir beaucoup de contacts sociaux. Mais mon travail de peintre se fait le plus souvent dans le silence et la solitude de l'atelier, la méditation se fait aussi le plus souvent seul dans l'atelier. Je n'ai pas de métier qui fait de moi un spécialiste de la question, j'ai appris sur le tas :D

Beaucoup de personnes se mettent en couple avant d'avoir réglé tous leurs problèmes, mais cela me semble très possible. Etre en couple et avoir des enfants aide souvent à grandir! Je fais partie des idiots qui croient qu'un couple stable et durable est possible ;-)
J'ai un excellent souvenir de mes grands-parents qui sont tombés amoureux très jeunes (ma grand-mère devait avoir 14 ans et mon grand-père 15) et qui sont restés ensemble, très amoureux, jusqu'à leur mort! L'amour inconditionnel dont je parle est à envisager par rapport à tout le monde, c'est un idéal chrétien et bouddhiste auquel je tiens beaucoup et que j'essaye d'appliquer dans la mesure de ma propre progression spirituelle. Mais aimer inconditionnellement ne veut pas dire ne pas se protéger. Certaines relations doivent être stoppées net, par exemple celles avec un pervers manipulateur narcissique. Dans l'Eglise Orthodoxe on permet deux remariages, reconnaissant l'humain comme faillible.

A notre époque c'est vrai que beaucoup n'ont pas appris le respect de soi, comment pourraient-ils respecter l'autre? D'autant plus que nous sommes dominés par un pouvoir et une culture cynique et irrespectueuse qui est loin de donner de bons exemples aux plus jeunes. Pour moi c'est une raison de plus pour se battre (spirituellement j’entends) afin de faire progresser la Lumière, la Pleine Conscience et l'Amour. J'essaye de le faire humblement à mon niveau, en travaillant sur moi et en peignant.

Tu vois, je fais partie de ces irréductibles idéalistes :D Je t'embrasse très fort et te souhaite une superbe journée!

Écrit par : Eric-le-peintre | 19/09/2014

Je rajouterai la très belle citation sur ton blog pour ceux qui n'ont pas encore été le voir: "Ne pas chercher à changer le monde mais s'employer à transformer ses défauts en qualités, c'est dompter le Tigre Intérieur.Tel le Phoenix [qui] renaît de ses cendres, l'esprit humain doit être encouragé sachant que ses faiblesses peuvent devenir des forces, ses défauts des qualités. Il faut seulement s'y employer."

Je me sens en résonance avec cette citation :D

Tu vois, tous les hommes ne sont pas comme le monsieur du dessin placé en bas de ta citation ;-)

Écrit par : Eric-le-peintre | 19/09/2014

Bonsoir Eric et bien voilà une chouette réponse à laquelle j'aimerais bien répondre mais en MP si ça ne te dérange pas :-) si tu as une adresse communiques-là moi par message FB sur mon mur ou sur mon adresse perso dans les contacts en bas de mon blog merci par avance passe une excellente soirée bisous

Écrit par : domi | 19/09/2014

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