10/11/2007

40) Série des Cyclades, commentaire, UN.

 

Commentaire sur la série des Cyclades.

 

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"Oïa 2", huile sur toile de lin, © Eric Itschert

 

UN. Le rapport photo-peinture.

 

La série des Cyclades est peinte de manière très réaliste. « Oh, on dirait une photo ? » Eh non,  ceci n’est pas une photo. Il faut déjouer le piège tendu.  Bien sûr, l’utilisation de la lentille (1) sous quelque forme que ce soit n’est pas étrangère à certains de mes travaux.  Cela est particulièrement frappant dans la série des Cyclades où les paysages répondent tout d’abord à une idée de déjà vu.  Je me plais à faire des images « aussi vraies que des photos ». Mais voilà, un observateur un peu perspicace découvrira vite qu’il est impossible que ces peintures soient des répliques de photos. Il y a des mutations et des transformations d’une réalité à première vue banale. Ce que l’on croit être une image de la réalité est autre.  Est-ce alors la réalité qui est autre ? Un simple paysage se transforme en labyrinthe où toutes les certitudes se perdent, du moins pour celui qui sait observer. Pour les autres, il restera un paysage de vacances.

 

 

(1)  Dans son ouvrage « Savoirs secrets », Hockney démontre de manière magistrale que la lentille est déjà utilisée par Le Caravage.  L’appareil photo n’est donc qu’une prolongation de cette première découverte.  Contrairement à ce que le profane croit, il faut une parfaite connaissance du dessin et de la peinture avant de réellement pouvoir exploiter l’aide de quelque appareil que ce soit.  « C’est facile de copier » est un poncif qui a la vie aussi dure que « mon enfant aussi pourrait faire cela ».