09/08/2007

4) Plus sur l'année 1997

 

1997, confrontation peinture-installation-boîte.

 

 

En 1997, j'expose une série de tableaux à Anvers mettant en œuvre les théories du "symbolisme bleu constructif" : je mêle dans une même exposition des tendances de l'art les plus antinomiques. Je confronte mes tableaux à la peinture figurative, minutieuse et réaliste, à une installation et des boîtes contenant des objets.  La plupart de ces derniers sont fabriqués sur le modèle de ce qui a d'abord été peint (notion conceptualiste). La confrontation appelle une lecture symbolique de l'ensemble. Quand à la confrontation installation-tableau, elle intervient bien avant les travaux de Martin Eder (école des Beaux-Arts de Dresde) lancés en Allemagne à partir de 2001.  La visualisation des objets dans les tableaux est une réflexion sur le concept "magrittien" "ceci n'est pas une pipe".  Remettre ces objets en vrai dans les boîtes revient à affirmer "...mais cela là est bien une pipe !"

 

A propos de "ceci n'est pas une pipe" le symbolisme bleu propose une lecture alternative réhabilitant l'image : "On peut bâtir des châteaux de sable en sachant que ceux-ci ne vivront pas aussi longtemps que leur image ou même leur photo. Ils sont image de la brièveté de notre propre vie. Tout jeu a une importance initiatique et psychologique. Son essence le portera à être éphémère.  Le paradoxe de l'image est de pouvoir survivre à son prototype: le château de sable aura depuis longtemps disparu, l'enfant qui l'a construit sera devenu un vieillard et seule restera une photo fragile et jaunissante, image d'un enfant construisant un château de sable... ".

 

Ainsi le thème de la mémoire et du temps est déjà implicitement abordé à cette époque : le château de sable ne durera que quelques heures, l'enfance que quelques années, la photo ou le dessin sera destiné à durer peut-être un siècle et la peinture, exécutée avec des techniques d'avant l'impressionnisme peut-être plusieurs siècles. Bien sûr, l'installation est celle d'un vrai château de sable.

 

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Installation d'un château de sable à Anvers en 1997 et photo. Copyright Eric Itschert.

 

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'Less is no more'

 

Cette confrontation apparemment innocente entre des dessins, des tableaux et une installation "minimaliste" n'est pas en faveur de cette dernière ; mieux, elle la "court-circuite" et détruit le préjugé qui nous est asséné depuis des années : "less is more". Cette idée reçue a empoisonné la peinture et a été poussée jusqu'à l'absurde par le peintre Yves Klein dans son "exposition du Vide" en 1958 à la galerie Iris Clert où il réalisait un vernissage dans le vide de tableaux inexistants. Après ce "remake" d'un vieux conte à propos des vêtements d'un roi, il ne restait plus au peintre Yves Klein qu'à rebrousser chemin et à montrer un peu plus...

 

 

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