19/05/2010

156) La théorie du château de sable

... et la vraie origine du Land Art

 

 

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Copyright Eric Itschert

 

La théorie du château de sable fut abordée de 1992 à 1997 dans le symbolisme bleu constructif. En 1997, quand notre trio d'études se sépara, on décida de ramener le texte fondateur en propositions ouvertes, permettant à chacun qui le désirait de rejoindre le groupe et d'annoter le texte dans le sens qu'il voulait. Ici-bas suivent quelques extraits de mes propres « notes en marge » et « notes de second rang » (1997 - 2010) du symbolisme bleu constructif concernant le symbole du château de sable.

 

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Une échelle du temps particulière

 

« La théorie du château de sable établit une échelle du temps un peu particulière. L'unité de temps est le temps moyen qui est nécessaire pour construire un château de sable pendant une belle journée d'été, et pour que ce château soit détruit par la marée. » (notes en marge)

 

 

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Construction : 2h14, destruction : 0h11.

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Des opposés

 

« Symboliquement, le château de sable est une image forte car elle contient des opposés fondamentaux.  Ces derniers sont liés à des archétypes. Il y a d'une part le principe de solidité et de permanence qui émane du château, le lieu où l'on peut se retrancher et se protéger.  Ce lieu lié à la force est encore nommé château fort, fort ou forteresse. Et d'autre part il y a le principe de fragilité du sable : c'est folie de construire sa maison sur des fondations de sable... » (notes en marge)

 

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Fausses certitudes

 

« Le château de sable peut représenter toutes ces fausses valeurs, toutes ces nations et toutes ces civilisations qui se présentent solides comme des rocs et qui sont en fait des constructions en sable » (1) (notes en marge)

 

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La vraie origine du Land Art

 

« Certains critiques d'art font remonter l'origine du « Land Art » (2) à un film diffusé le 15 avril 1969 sur ARD, chaîne publique allemande. Ce film avait en effet comme titre « Land Art », abréviation de « Landscape Art », art paysager. Une fois de plus, il s'agissait de faire croire à une nouvelle « avancée » dans l'art contemporain "d'avant-garde". Il n'en est rien. Si on fait abstraction de certains jardins japonais (3), on peut quand même faire remonter le « Land Art » au 19ème siècle, époque où les enfants bâtissaient déjà des châteaux de sable. Ils faisaient du « Land Art », sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose... (4)

 

 


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Deux notes de second rang renumérotées pour l'occasion et deux notes de bas de page

 

(1) « Notre civilisation, rongée par la cupidité sans limite de quelques uns, est régie par une idéologie folle par sa course imbécile. Cette course au profit pourrait bien faire vivre à l'humanité ses derniers jours.  Il suffit pour cela que la dernière abeille meure, que les dernières forêts soient détruites, que les derniers cours d'eau soient pollués... »

« Ma peinture représente une autre humanité, libérée de sa soif de puissance et de possession.  Elle montre un homme nouveau, qui a laissé tomber le vêtement pour vivre dans l'Eden retrouvé où tous les hommes et femmes sont égaux... »

 

(2) « Pour approcher le concept de « Land Art », on pourrait dire qu'il s'agit de créer une œuvre éphémère en pleine nature, de préférence sans aucune présence humaine. Il s'agit de jouer avec les éléments naturels, ces derniers détruisant l'œuvre par le vent ou par l'eau. Il en reste des projets, des films et/ou des photos, religieusement exhibés dans des galeries ou des musées... »

 

(3) J'ai appris l'art du jardin japonais chez Jean Delogne, en travaillant avec lui dans son bureau de landscaping... C'est un art poli par les siècles, infiniment plus subtil et plus profond que ce que l'art contemporain prétend nous montrer, à des années lumière de tout ce que le « Land Art » peut produire...

 

(4) Si le « Land Art » ne peut donc se concevoir comme « nouveauté » j'admets que certaines interventions paysagères sont superbes et font preuve de beaucoup d'imagination. Leur coût écologique est malheureusement aussi très élevé !

 

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