11/10/2012

225) Histoire d’art et de pavés

Interview

 

 

nuit blanche 2012

‘Nuit Blanche’, Photo © Eric Itschert

 

Voici un résumé du dialogue entre Peter et moi à propos de la première partie de l’ « Histoire d’art et de pavés » publiée sur ce blog. Cet interview a été réalisé lors de la ‘Nuit Blanche’ de 2012.


Peter : Comment a démarré cette histoire ?

Moi : Par hasard, en participant à la « Nuit Blanche » de Bruxelles 2011.  Au départ, il n’y avait que deux pages, une de compte-rendu de la nuit et une histoire un peu déjantée reprenant une partie de la nuit.  Aussitôt ces deux pages écrites, je me suis rendu compte qu’il y avait matière à construire une histoire bien plus complexe.  J’ai alors suivi la méthode de Simenon : sur une grande feuille j’ai décrit le plan général de l’histoire, le résumé du scénario et les personnages.  Par moments je modifiais des détails de l’histoire en cours de route.

Peter : Concernant les personnages principaux, leur prénom dans l’histoire est le même que celui dans le compte-rendu. Est-ce voulu ?

Moi : En fait, je me suis en effet contenté de reprendre mon prénom et le pseudonyme d’un participant à la soirée pour réaliser une continuité entre le compte-rendu et l’histoire.  Mais ce fut une erreur, et dans la version définitive ces noms seront modifiés. Le début de l’histoire commencera autrement, j’introduirai brièvement les deux personnages principaux, et le compte-rendu sera transformé en version littéraire.

Peter : Pourquoi est-ce une erreur de reprendre ces noms?

Moi : L’homme qui s’appelle Eric dans l’histoire n’existe pas réellement, il n’a pas grand-chose à voir avec moi si ce n’est que c’est un peintre… et que certaines de ses idées sont les miennes.  Et le Iacchos de l’histoire existe encore moins.

Peter : Et pourtant le personnage Eric a certains de tes traits de caractère ?

Moi : Oui, certainement, il m’arrive de m’identifier parfois avec lui, d’autant plus qu’il est le narrateur de l’histoire.  Mais chaque lecteur va interpréter différemment mes personnages en fonction du prisme de sa propre histoire et de son propre ressenti.  Et la relation que l’on devine entre le narrateur et son jeune modèle est également fictive.  Il n’est pas dans mon intention de décrire une relation réelle.

Peter : Ce qui complique les choses, c’est que ton histoire se veut une critique acerbe du mode de fonctionnement de notre société en général et du monde de l’art en particulier sans en décrire la réalité ?

Moi : Pour expliquer cela je reprends des réflexions de l’écrivain Thaddée Sylvant.  Mon histoire s’attache à critiquer une réalité tout en prenant toutes sortes de libertés vis-à-vis de cette réalité.  Cette réalité est perçue et déformée comme un rêve.  Cette réalité devient alors sur-réelle, ou outre-réelle !  Il ne s’agit pas de travestir la vérité, mais au contraire de la souligner.

Peter : Il y a dans ton histoire une préoccupation permanente à propos du fonctionnement de l’économie actuelle, et en même temps tu ne prends pas clairement position dès qu’il faut proposer des alternatives ?

Moi : Ma position est très claire concernant le fonctionnement de l’économie actuelle : on court droit dans le mur ! Concernant les alternatives, les ‘économistes atterrés’ ont raison dans leur analyse, mais des fois je doute et je crois qu’ils ne vont pas assez loin. Notre société doit changer plus radicalement encore, nous devons produire moins, consommer moins et travailler moins. On ne peut pas continuer une croissance économique infinie dans un monde qui lui est fini. Nos ressources sont limitées. Mais je suis artiste et non économiste. J’ai toutefois la chance que mon meilleur ami ait étudié l’économie. Je lui suis très reconnaissant de m’avoir ouvert la porte sur plein de choses, et d’avoir entre autres mieux compris comment notre monde fonctionnait grâce à lui.

Peter : Un petit mot concernant l’art ?

Moi : L’art contemporain mondain est à l’image de l’économie néo-libérale. Le concept d’avant-garde est complètement dépassé et obsolète. Les médias continuent pourtant à soutenir ce concept. Les ‘contestataires’ sont inféodés au système, et ce qu’ils montrent conduit au désespoir. Le monde de l’art tente de nous réduire et il est horriblement cynique. Il n’a aucune différence d’avec le monde économique. Moi je voudrais montrer en contrepoint que nous sommes appelés à la Transcendance, l’Amour et la Lumière.

Peter : Te connaissant, je sais aussi que tu t’es autocensuré sur le blog ?

Moi : Le blog est censé pouvoir être lu par tout le monde.  Le texte imprimé contiendra quelques passages supplémentaires.

Peter : A quand la deuxième partie ?

Moi : Je dois encore trouver quelques images pour illustrer cette deuxième partie.  Or je suis fort pris par mes recherches graphiques sur les nageurs pour le moment sans compter mon travail de peinture.  Il faudra donc s’armer de patience !

 

Vous n’avez pas encore lu la première partie de l’histoire ? Commencez ici.