21/06/2016

321) L’achèvement du premier rituel au troisième jour…

Et la découverte d’un escalier secret…

 

Complété le 29/07/2016

 

Début de l’histoire

 

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« On s’enfonce en silence dans la forêt » Photo © Eric Itschert

 

 

Le troisième jour de notre premier rituel, nos gestes sont bien rodés.  Désormais nos intentions sont pures : on ne veut rien obtenir du faune bien entouré.  La rencontre se fait en tant qu’elle-même, pour elle-même. Elle en a d’autant plus d’intensité. Quelqu’un n’a-t-il pas dit : moins on a de but, plus notre vie prend du sens ? 

On descend vers l’abbaye, on remonte les étangs et l’écureuil nous attend à l’entrée de la vallée. Est-ce Iacchos qui l’a invoqué ?

 

 

 

De la nature de la magie.

 

 

On s’enfonce en silence dans la forêt.  Puis la voix de Iacchos se même aux murmures de la forêt :

« - Merci, Eric… »

 

Je préfère garder le silence, ce « merci » peut porter sur tant de choses.  Il exprime de la reconnaissance, mais résonne aussi comme une imploration : me suivras-tu jusqu’au bout ?  J’ai bien deviné, car Iacchos continue :

 

« - je sais que tu as difficile à me suivre, tu dois vaincre tant de tabous en toi, le christianisme interdit la magie !

- Iacchos, qu’est-ce que la magie ? Ce qui est magie pour l’un ne l’est pas pour l’autre.  Tant de religions ont accusé les autres religions de pratiquer la magie. Mais chacune a des définitions différentes de la magie. Pour compliquer les choses, ce que l’un fait est magie, l’autre peut faire exactement la même chose et ce n’est pas de la magie. Si je t’accompagne dans ce voyage dont je ne sais même pas s’il n’est pas totalement imaginaire, c’est que cette quête est source de métamorphoses.  Ce n’est pas le but de la quête qui compte, mais bien la quête en elle-même.  En ces temps présents, chaque homme de chaque culture a le devoir de faire un chemin vers l’autre et de l’accepter dans l’amour qui doit unir la terre.  C’est si facile d’accuser l’autre d’idolâtrie et de magie.  La voie de la sagesse est de se poser la question : qu’est-ce que l’idolâtrie, qu’est-ce que la magie ? 

- Est idolâtrie tout ce qui prend le symbole d’une chose pour la chose elle-même ?

- C’est une belle tentative de définition, Iacchos, elle vaut la peine d’être retenue !

- Vous-mêmes Chrétiens vous pratiquez la magie, non ? Baptiser un bébé inconscient est de l’ordre de la magie et viole la conscience future du petit d’homme.  Les paroles, l’eau et l’huile agissent indépendamment de la volonté du bébé, d’autres décident pour lui. Les chrétiens reprochent à la magie qu'elle est quelque-chose qu'on ne maîtrise pas, mais le baptême est du même ordre. Or Hachem ne s'impose pas aux hommes. 

- Il n’en a pas toujours été ainsi, Iacchos. Saint Justin, au 2ième siècle, précisait bien qu’un homme devait être baptisé en pleine conscience, adulte, après un long catéchuménat.  Les catéchumènes ne pouvaient pas entrer dans l’église, ni entendre le credo ni même voir le déroulement de l’Eucharistie.  Il était baptisé dans le baptistère en dehors de l’église.  Le Christ a été baptisé adulte.  C’est à partir d’Augustin d’Hippone et son invention du péché originel qu’on a commencé à baptiser les bébés, par superstition et par calcul.  C’était absurde : un bébé mort non baptisé ne pouvait soi-disant pas voir Dieu.  On était bien loin de l’esprit de justice et d’équité du Christ ! Le baptême a ainsi perdu sa valeur initiatique.

- Et votre eucharistie, c’est aussi de la magie ! Vous l’appelez « la communion » mais les fidèles qui la pratiquent ne se connaissent même pas ! Pire, encore récemment les riches étaient séparés des pauvres, ils avaient des plaquettes avec leurs noms sur des sièges qui leur étaient réservés à l’avant de l’église ! En Inde, dans certaines paroisses, les missionnaires séparaient les Indiens des blancs.  C’est cela, votre communion ? Les paroles magiques du prêtre changent le pain et le vin en corps et sang du Christ.  Et vous mangez votre dieu. Mais Hachem n’est-il pas partout ?  Pas besoin de le manger pour être en lui ! Et Hachem est en toi en tant que toi ! Peu importe pour vous si des criminels mafieux non repentis participent à votre rituel ! Vous êtes donc « en communion » avec eux ?

- Oui Iacchos, je reconnais que l’Eucharistie elle aussi a été pervertie.  La conscience en est bannie et ces sacrements en sont devenus inopérants, parfois aussi obscènes que ces mafieux dont tu parles qui se baisent les doigts après avoir fait le signe de la croix.  Le Christ a selon notre croyance institué l’Eucharistie tout à la fin de son enseignement.  Hachem est présent dans l’assemblée unie et aimante, et dans le Judaïsme une des qualités propres à Hachem est « maqom echad », dont une des traductions pourrait être « lieu-de-rassemblement-un ».  Ce que nous définissons comme magie dépend du point de vue qu’on en a.  Magie… Toi et moi en sommes arrivés à un tel stade de détachement que les mots du grimoire finissent par prendre un autre sens.

- Te considères-tu comme idolâtre parce-que tu peins et que tu dessines ?

- Non Iacchos, l’idolâtrie ne consiste pas à tailler des images ou à faire des peintures.  L’idolâtrie c’est l’attitude qu’on a face aux choses.  Quel aveugle celui qui reproche à l’autre ses images et qui idolâtre un prophète ou un livre.  Toute adhésion, tout attachement à une doctrine quelle qu’elle soit est idolâtrie, et elle ferme les portes de la Conscience et de la Transcendance. 

De quel droit te reprocherais-je les contacts privilégiés que tu as avec la nature et ses esprits ?  C’est pour cela que je te suivrai jusqu’au bout de cette quête.  Peut-être aussi parce qu’à deux on a moins de chance de se perdre que tout seul.  Et je ne veux pas te perdre, le monde des esprits est comme celui des hommes. Il y en a de bons et de mauvais… »

 

 

 

Au détour d’un escalier un autre monde se révèle.

 

 

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 « On découvre un escalier antique très étrange. »

 

 

Soudain à cette dernière parole l’écureuil oblique à un endroit inattendu, en plein taillis de fougères.  Étonnés on le suit, ce n’est pas le chemin habituel.  Derrière le taillis commence la forêt fantastique.  On découvre un escalier antique très étrange et on gravit ses marches.  L’escalier semble ne pas avoir de fin, la montée est très dure et on garde le silence pendant un long moment. C’est moi qui rompt le silence le premier :

 

« - Il n’y a longtemps qu’aucun homme n’est plus passé par ici.

- Peut-être est-ce pour cette raison que la forêt fantastique a repris du territoire et s’avance si près du chemin de la vallée ?  Un jour l’homme pénètre dans le bois, et les dieux sylvestres se retirent.  Si l’homme se retire, les dieux sylvestres reviennent.

 

Je ris, et je cite une phrase du journal de Jünger :

- Ici demeurent des dieux dont je n’ai pas besoin de connaître le nom, et qui se perdent, comme des arbres dans la forêt, dans le Divin en soi… mais… Iacchos, le paysage change, je n’ai jamais vu ces hautes collines !

- A force de grimper… il me semblait bien qu’il y avait quelque chose de pas normal !  C’est beau par ici !

- C’est comme si j’étais retourné dans le bois de mon enfance.  Tout a l’air plus grand. »

 

 

 

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« Je n’ai jamais vu ces hautes collines. »

 

 

Enfin on retrouve l’arbre, mais c’est comme s’il avait changé de place.  Cette fois le rituel prend plus de temps.  Iacchos a bien étudié les derniers pas de danse qu’il doit accomplir.  Il prend sa flûte et moi je tire une bougie, la cire à cacheter et le seau en laiton du sac à dos.

Le miracle a de nouveau lieu, cette fois la tête du faune apparaît bien plus clairement, et même son buste.  Il boit longuement.  C’est un adolescent encore maigre.  Il semble n’avoir ni bu ni mangé à sa faim depuis fort longtemps.  Alors nous vient une voix à l’oreille : « merci ! »  Et ce merci semble faire écho à celui de Iacchos.

 

Iacchos se déshabille entièrement, il y a du soleil et il fait bon. Il dépose soigneusement ses vêtements en un tas bien plié et ordonné au pied d’un arbre.  J’aime le voir nu.  Lui aime être admiré et lentement mais surement il se transforme en faune.  Il irradie de chaleur. On s’accroupit face à face. Je lui grime le visage comme il me l’a prescrit : le pourtour des yeux en noir pour mieux faire ressortir le regard. Les sourcils en noir. Ensuite je lui trace le troisième œil, vertical, en noir, rouge et blanc. Au-dessus et en dessous du troisième œil je trace un point rouge en chantant une mélopée dédiée à Shiva. Je termine par les trois barres horizontales en rouge, placées comme sur le sceau du grimoire. Avec tendresse je lui fais un chignon comme il me l’a appris, et je lui accroche des bijoux dans sa chevelure abondante : une lune d’argent sur son côté droit, et un petit trident en or dans l’axe de son troisième œil.  Iacchos met un bracelet avec des grelots à sa cheville gauche. C’est sa seule vêture, avec le collier semblable au mien, ce dernier ne quittant jamais son cou.

Iacchos se relève, rayonnant. Il fait quelques exercices d’assouplissement. Puis en quelques pas souples il gagne le terre-plein de mousse devant l’arbre. Il commence une danse envoûtante tout en jouant de la flûte. Des images de notre première rencontre au pied du mont Ventoux me reviennent à l’esprit, comme si c’était hier. Il avait tout juste dix-huit ans.

Décidément, cette forêt est un lieu où le temps s’abolit.

 

Par moments la danse devient langoureuse, Iacchos accroche son regard au mien. Parfois je marque le rythme par le claquement de deux planches, comme il m’a appris à le faire, à d’autres moments je rythme la danse avec une clochette. Iacchos devient Shiva/Dionysos. Il est le fils et le père. Son agilité est surprenante. Il ne parle pas qu’avec son corps, ses yeux et ses mains racontent tout autant. Ses mouvements et le son de sa flûte narrent la genèse du monde. Je ne sais combien de temps la danse dure, car le temps semble suspendu. Soudain Iacchos termine la danse par les neuf pas décrits dans le grimoire. C’est seulement alors qu’on réalise que le soir approche. Iacchos met un pagne, son corps nu ruissèle de transpiration.

Je chauffe la cire, la fais couler sur l’arbre et y appose le sceau. Aussitôt l’arbre se colore en rouge., une lumière vive apparaît et le faune se montre en entier, dans ses moindres détails. Il s’étire et je vois Iacchos quand il se réveille. Il sourit, une voix résonne en nous, gentille :

 

« - Cela fait longtemps que j’ai dormi ? J’ai tellement faim ! On se revoit ? »

 

Et nous lui répondons oui bien sûr.

 

 

 

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« Aussitôt l’arbre se colore en rouge. »

 

 

Le retour n’est pas trop difficile malgré la lumière qui décroit. D’abord je trouve moi-même le chemin comme si du bois de mon enfance je retournais à la maison de mes grands-parents. Ensuite c’est l’esprit familier d’Iacchos qui prend le relais pour retrouver le haut de l’escalier. Iacchos me précède, on dirait un Indien sauvage entièrement nu car de dos son pagne ne cache rien, ce n’est qu’une ficelle. Sa démarche est celle d’un fauve. Son odeur, très légère, évoque tout autant le fauve par certaines de ses notes musquées. J’aime admirer le jeu de sa fine musculature. Des senteurs de graminées sèches, de sous-bois en été, de pins surchauffés, se mélangent à celle de Iacchos, de la transpiration fraîche fortement chargée en phéromones. C’est délicieux ! Des farfadets viennent éclairer notre descente. Après un temps je comprends que les farfadets sont là pour Iacchos et le suivent à la trace. Des fées viennent humer son odeur comme on va respirer une fleur, certaines l’embrassent. Les voit-il ? Je suis pourtant un peu inquiet :

 

« - Iacchos, tout semble changer tellement vite dans ce paysage ! Il est aussi instable et illogique que nos rêves ! Regarde ces farfadets : tantôt on croit voir des petites silhouettes humaines, et tantôt ils prennent l’apparence de papillons !

- Ne crains rien. Je crois qu’on va encore faire une belle rencontre. Je sens une légère brise et la forêt devient plus belle que jamais ! »

 

 

 

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« Il a pris l’apparence d’un faune androgyne. »

 

 

Les couleurs et les formes de la forêt deviennent tout à fait extraordinaires, et un sylphe nous apparaît. Il a pris l’apparence d’un faune androgyne pour nous être agréable. Il ne quitte pas Iacchos des yeux. Un sylphe peut-il lui aussi éprouver du désir ? Derrière le sylphe je crois reconnaître un arbre vu ailleurs. On entend une voix résonner dans notre tête :

 

« - Venez jouer avec moi, vous trouverez cela bien agréable ! »

 

Iacchos sourit et fait « non » de la tête. J’entends même sa réponse : nous devons arriver à la vallée avant la nuit pleine ! Je sais qu’il le fait en baissant les yeux, toujours modeste lorsqu’il se sent admiré. Le sylphe ne nous en veut pas, car toutes sortes d’anciens rêves merveilleux défilent dans notre tête, et ce n’est que bien plus bas que nous retournons à la conscience de descendre un escalier. La descente devient interminable. Une odeur de pluie et de terre mouillée emplit nos narines, pourtant il fait encore beau et sec. Mais petit à petit la sécheresse fait place à de l’humidité. Les dernières lueurs du soleil disparaissent et la température fraîchit. Je dépose le sac à dos, on fait un arrêt. Iacchos renfile ses vêtements. Je sens comme des prémices de la pluie. Tout sent la pluie maintenant, l’odeur s’infiltre même dans les vêtements de Iacchos. Pourtant le ciel est sans aucun nuage et il n’est pas encore tombé une seule goutte. Je comprends que les frontières sont perméables et qu’on arrive aux marches de la forêt enchantée. A droite et à gauche c’est déjà le bois foulé par les hommes dormants, ceux du monde : quelques trainées de brumes remontent de la vallée vers le nord, je devine la forte humidité en ces lieux. L’odeur de pluie se mélange à celle de champignons et de fougères humides. Puis devant nous l’humidité se transforme en brouillard, et l’escalier plonge dedans. Voilà la frontière, le taillis de fougères nous barre la route. Le brouillard se transforme en fine bruine glacée qui saisit nos gestes. Chaque fougère ruissèle de gouttes et nous trempe les jambes. C’est comme si on pénétrait dans l’eau glacée d’un lac de montagne. On retrouve le chemin de la vallée et on entend le bruit de la pluie. Une fraction de seconde après elle nous transperce.

Deux coureurs nous croisent et pataugent dans des flaques noires en parlant de cours boursiers. Ils transpirent mais ils puent, de cette transpiration acre qu’ont les gens stressés et qui nous agresse parfois dans le métro. Ils martyrisent la forêt et leurs corps parce qu’ils leur font payer leur manque de temps pour s’en occuper convenablement. Ils ne sont même pas à ce qu’ils font, zombies vêtus de trainings aux couleurs criardes et armés de leur panoplie technologique de dernier cri. Heureusement l’odeur de la forêt humide vient laver leur pestilence, et la pluie effacera les traces de pneus de leurs voitures quatre fois quatre coûteuses et destructrices.

L’homme n’aura qu’un temps. La nature reprendra ses droits. On parle souvent du chant du vent, on devrait aussi parler de celui de la pluie. En forêt il n’est jamais monotone, car les gouttes tombent différemment selon qu’on est à découvert ou sous les arbres. Au loin la musique du ruisseau change graduellement et devient son de rivière. Les grenouilles s’en donnent à cœur joie, les limaces et les escargots sont de sortie.

La nuit on rentre trempés mais heureux. On se déshabille devant le feu ouvert. Je démaquille soigneusement Iacchos et lui laisse prendre sa douche en priorité : il l’a bien méritée. On boit une délicieuse soupe chaude selon le bon usage belge et la soirée se passe en étude du grimoire et échanges sur le mode opératoire suivant.

  

 

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