15/12/2007

50) La marelle (2)

 

 Voir n° 48 avant de lire ce texte.

 

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Photo © Eric ITSCHERT
 
 

B) JOUER A LA MARELLE :

 

L'origine de la marelle se perd dans la nuit des temps. On la retrouve dessinée sur des sépultures en Égypte, en Grèce antique ou sur le forum de Rome. Au Moyen-âge, ce jeu était tout autant pratiqué et le dessin rappelait alors celui des églises. Ce jeu à tableaux offre souvent le même tracé rectangulaire ou en spirale.

 
La marelle, (de merel, mereau, XIIe s., "palet, jeton, petit caillou"), est un jeu pratiqué par les enfants (surtout les filles), entre autres dans la cour de récréation. Pour pouvoir y jouer il faut dessiner à la craie un parcours sur le sol qui va de terre à ciel. Après avoir lancé un jeton (un palet ou le plus souvent un caillou), les joueurs progressent dans les différentes cases à cloche-pied ou dans certains cas à deux pieds les jambes écartées, tout en évitant les cases où se trouvent les jetons et la case « enfer ». Ils doivent aussi éviter d'empiéter sur les lignes du tracé, et cela dans un temps limité. Le gagnant est celui qui le premier arrive à placer son jeton sur le « paradis » et à effectuer le parcours. Il faut donc faire attention à bien garder l'équilibre, à ne pas poser le pied sur les lignes, à ne pas se tromper de pied et à être rapide.

 
Le jeu est riche de symboles : le joueur progresse à cloche-pied en poussant un palet qui représente l'âme. S'il boite, c'est parce-que son parcours dans la vie n’est pas si facile que cela, l’âme a à apprendre durant son périple sur terre avant d’arriver au ciel. Boiter offre un certain inconfort, comme dans un rêve où l’on ne serait ni nu ni vêtu… Après avoir évité l'enfer et aiguisé son adresse, le joueur atteint le paradis. Quand le joueur récupère le palet (son âme) et le place sous son bras ou sur sa tête, il fait réintégrer l'âme au corps. Le joueur ne peut pas poser le pied sur les lignes qui divisent les cases : cela lui apprend des règles d’équilibre et de justesse qu’il devra appliquer dans la vie. La marelle est un jeu initiatique au cadre bien défini, il révèle l'individu à lui-même en développant certaines de ses capacités. La règle des lignes-limites évoque aussi la nécessité de se mettre à l'abri du chaos. De la marelle inscrite au sol provient probablement celle que l’on dessine sur une surface plane : la marelle serait l’ancêtre des jeux à tableaux (go, échecs, dames, etc.) appelés « marelles assises ».

 

 

Ci-bas la "règle du jeu" la plus courante dans nos régions de Belgique...

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Photo © Eric ITSCHERT 

 

Si la marelle se jouait en général en groupe, il n’était pas rare de trouver des joueurs solitaires, qui jouaient en chantant des comptines ou en se racontant des histoires de voyages dangereux aux bords de précipices ou de cataractes…

 

 

13:44 Écrit par Eric dans Symbolisme | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : jeton, marelle, caillou, jeu, equilibre, palet | |