19/12/2007

51) La marelle (3)

 Voir n° 48 avant de lire ce texte.

 

C) LE JETON DE MARELLE :

 

En symbiose avec notre époque, où le travail manuel n’est absolument plus valorisé, et où on préfère acheter des meubles de série plutôt que de la belle ouvrage de menuisier, les enfants ou leurs parents ne fabriquent plus de palets de marelle en particulier ni des jouets en général. On se contente de cailloux. Avant, le calibrage et l’équilibrage du palet avait lui aussi son importance… Le palet se glissait sur la marelle, le lancer en était différent de celui du caillou.

 
Dans certaines régions de France on utilisait des palets de bois de 7 à 8 cm de diamètre, chaque enfant avait son initiale gravée sur son palet. Mais les enfants pouvaient aussi couler du plomb ou même de l’étain dans le fond d’une boîte en fer. Un plus était de couler le plomb dans le couvercle d’une boîte gravée, pour avoir une empreinte permettant de personnaliser son palet. Ces palets métalliques étaient un peu plus petits que ceux en bois : entre 5 et 6,5 cm de diamètre. L’étain était récupéré par certains enfants, fondu sur un petit fourneau, et versé dans des boîtes à cirage utilisés comme moule.

 

 

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A gauche : un plus était de couler le plomb dans le couvercle d’une boîte gravée, pour avoir une empreinte permettant de personnaliser son palet.

A droite : la boîte à cirage idéale était ni trop grosse ni trop petite…

 

 

Ailleurs en France mais aussi en Algérie, on prenait des boîtes à cirage et on les remplissait de sable. La boîte à cirage idéale était ni trop grosse ni trop petite. Le sable pouvait être mouillé pour donner plus de poids au palet afin d’atteindre sa case avec plus de justesse. Mais ces palets avaient la vie plus courte, une boîte à cirage s’usant facilement.

 

En Italie, de Gènes à Carrare, les gosses se glissaient sur les chantiers ou dans les carrières de marbre, et récupéraient des petits morceaux de marbre à polir. Ils en faisaient des petits chefs-d’œuvre de palets ! Il faut dire qu’avec des aînés comme exemple qui sculptaient des statues…

 

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Mais les plus beaux palets ont étés fabriqués en Belgique, dans la région du centre (La Louvière, Morlanwelz,…). Il s’agissait de souffleurs de verre, qui avec des restes de pâtes de verre de toutes sortes de couleurs, confectionnaient des palets que l’on vendait entre 50 centimes et 1 franc belge. Ces palets sont devenus très rares, car la plupart finissaient leur vie cassés en mille morceaux ! Une des mesures utilisée était de 6,5 cm de diamètre.

 

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 Dessin de palets en verre.

  

Les palets permettaient des règles du jeu plus complexes qu’avec le caillou : on lançait le palet sur 1, on le poussait du pied jusqu’au paradis de case en case en observant les autres règles du jeu, au paradis on le lançait pour le sortir du jeu (ici on ne revenait pas avec le palet de verre sous le bras car s’il tombait il se cassait) et on revenait de case en case en observant les autres règles. On récupérait son palet et on le lançait en 2, on le poussait de 2 au paradis et ainsi de suite.

 

A défaut de palets on utilisait des beaux galets ou encore des roches, choisis avec soin : la grosseur et la forme de la pierre était très importante. La pierre devait, de préférence, être lisse, et la plus ronde possible. Enfin on pouvait également utiliser des morceaux de tuile plate façonnée.

 

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La roche devait, de préférence, être la plus ronde possible.